Chantal Birman : « Je fais sortir le post-partum de l’anonymat avec des forceps sociaux »

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Sage-femme héroïque dans le documentaire « À la vie »*, Chantal Birman a tout d’une icône féministe. Rencontre avec une pionnière qui n’en a pas fini de lutter.  

Elle a réalisé des IVG clandestins dans les années 70, a milité toute sa vie pour les droits des femmes, et les a accompagnées pendant 49 ans en tant que sage-femme. En suivant Chantal Birman dans son quotidien, la journaliste Aude Pépin a saisi des instants intimes et hors du temps. Son film « À la vie » met en scène une sage-femme battante, qui sait toujours trouver les mots justes face à des mères à fleur de peau. À l’heure où toute la profession est mobilisée, la verve de Chantal Birman et son authenticité apparaissent comme une nécessité absolue. Interview.  

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ELLE. Le documentaire sort en salles alors que la situation en France est très tendue entre les sages-femmes et le gouvernement. Comment voyez-vous les choses aujourd’hui ?  

Chantal Birman. La profession est complètement sinistrée, et on assiste à une fugue des hôpitaux. Ça devrait faire réfléchir, il faudrait organiser des assises gouvernementales pour les sages-femmes. À la place, on donne 100 euros de prime, alors qu’elles ont un Bac +6, et qu’elles désertent le métier. Ça ne va pas ! Nos études sont payées par l’ensemble de la population. Vous ne pouvez pas demander aux gens de faire des sacrifices pareils si derrière vous suicidez les sages-femmes. C’est plus que paradoxal, il y a quelque chose d’humiliant. On dit que c’est toujours l’offensé qui a le choix des armes… on verra bien quelles armes...

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