Le chanteur Idir, icône de la musique kabyle, est décédé

Pier-Paolo Gault

La rumeur est devenue réalité. Alors qu'il avait été faussement annoncé mort en septembre dernier, c'est aujourd'hui malheureusement bien vrai : le chanteur Idir est décédé le 2 mai 2020, à Paris, a annoncé sa famille sur les réseaux sociaux. Il avait 70 ans.

“Idir avait réussi à transmettre notre culture au monde”

Né en 1949 dans le village d'Ait Lahcène, en Kabylie, Hamid Cheriet de son vrai nom est l'un de ces artistes connus pour avoir popularisé la culture berbère. “C’est une perte pour la culture kabyle, a dit au Monde Hamani Hmimich, musicien et habitant du village. Nous avons beaucoup de grands chanteurs, mais Idir avait réussi à transmettre notre culture au monde.”

Et comment ! Idir a commencé sa carrière musicale en 1973, et ce totalement par hasard, sur Radio Alger - il remplaçait alors une chanteuse absente ce jour-là. Quelques jours plus tard, il enregistrait en studio cette performance, et au passage, un deuxième morceau chanté en kabyle, A vava inouva, qui deviendra rapidement un tube planétaire dès 1976, et donnera une audience nouvelle à la musique kabyle.

Notons qu'il a fallu attendre 2016 et de longues années de lutte pour que le tamazight - la langue berbère - soit reconnue comme langue officielle en Algérie - dans les années 1960-1970, elle n'était par exemple pas autorisée à l'école alors même qu'elle concernait 30 % de la population algérienne.

Une série d'hommages

Samedi soir, le président algérien Abdelmadjid Tebboune s'est exprimé sur la mort du chanteur, regrettant la perte “d'une pyramide de l'art algérien”. Interrogé par Franceinfo, le musicien Grand Corps Malade, avec qui Idir avait collaboré, l'a de son côté qualifié de “monument absolu pour les Kabyles”.

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