« Charles III n’aura pas la force, ni la crédibilité d’Elisabeth II sur la scène internationale »

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Jusqu’à hier, Elisabeth II régnait sur quinze États, et était cheffe des 56 pays composant le Commonwealth. Sa mort risque-t-elle de bouleverser la place du Royaume-Uni sur la scène internationale ? Éclairage de Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences Po et spécialiste des questions européennes.

ELLE. Qu’incarnait Elisabeth II dans les pays membres de l’Empire britannique et du Commonwealth ?  

Patrick Martin-Genier. Elisabeth II représentait le ciment d’unité de tous les pays du Commonwealth. Elle était cheffe d’État de quinze pays, ainsi que cheffe des 56 États-membres du Commonwealth. Elle représentait le monde d’après-guerre. Le monde post-colonial aussi, autour des dominions des colonies britanniques.

Elisabeth II a voyagé dans près de cent pays, elle a tenté de préserver l’unité et l’influence du Royaume-Uni dans le monde. Mais, même si elle jouissait d’une image très favorable sur le plan international, elle était aussi le symbole de la décolonisation et par conséquent de la perte de puissance du Royaume-Uni à travers le monde.

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ELLE. Son décès risque-t-il d’entériner la perte d’influence du Royaume-Uni sur la scène internationale ? 

Patrick Martin-Genier. C’est possible. Son successeur, le roi Charles III, n’a pas la même stature internationale qu’Elisabeth II, même si sa mère lui avait délégué des voyages diplomatiques dans le monde entier. Il évolue de plus dans un monde différent, dans un contexte où de plus en plus d’États souhaitent se détacher de la tutelle de la couronne royale britannique. Charles III ne pourra pas empêcher ce mouvement. Je ne pense pas qu’il aura la force ni la...

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