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Charles III, pape François et rugby: un défi sécuritaire "sans précédent" pour les forces de l'ordre

Charles III, pape François et rugby: un défi sécuritaire "sans précédent" pour les forces de l'ordre

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les prochains jours s'annoncent chargés pour les services de sécurité. Car en plus de la Coupe du monde de rugby, qui mobilise déjà 5100 policiers et gendarmes chaque jour, les forces de l'ordre vont également devoir sécuriser la visite du roi Charles III, du 20 au 22 septembre à Paris et Bordeaux, et la venue du Pape François à Marseille, les 22 et 23 septembre.

Un défi sécuritaire "sans précédent", a reconnu le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. "C'est très rare qu'il y ait plusieurs événements de cette ampleur en même temps, et encore plus avec deux personnalités aussi importantes que la Pape et le roi Charles III", confie une source sécuritaire à BFMTV.com.

Un exercice de sécurisation d'autant plus périlleux que ces trois événements nécessitent des "dispositifs différents les uns des autres", ajoute cette même source.

Un dispositif "sans précédent" pour la Coupe du monde

Car la Coupe du monde de rugby fait déjà elle-même l'objet de "mesures sans précédent", avait déclaré le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, lors de la présentation du dispositif le 6 septembre. La compétition, qui s'étale sur deux mois dans neuf villes hôtes, attend près de 600.000 visiteurs étrangers en plus des spectateurs français. Chaque jour, plus de 5100 policiers et gendarmes sont mobilisés, et jusqu’à 7500 lors des pics d’activité, comme pour le match d’ouverture opposant, à Saint-Denis, le XV de France à la Nouvelle-Zélande.

Les équipes de rugby, elles, bénéficient chacune de la protection du RAID et du GIGN, que ce soit à leur hôtel ou sur leurs trajets. Si à ce jour, "aucune menace particulière n'a été détectée pour cette coupe du Monde ou le match d'ouverture", le menace terroriste est toujours présente. Mais ce n'est pas la seule.

"On reste aussi vigilant du côté de l'ultradoite, de l'ultragauche, mais aussi de la mouvance environnementaliste, notamment parce que Total est sponsor de l'événement", a précisé une source sécuritaire.

L'autre difficulté de cette compétition, ce sont les grandes personnalités qui vont faire le déplacement pour assister aux matchs des équipes de leurs pays, selon cette même source: "Par exemple, à chaque match du Royaume-Uni, il y a un membre de la famille royale britannique qui sera présent. Ça nécessite un dispositif lourd".

Un programme très dense

Tant pour la visite du roi Charles III que pour la venue du pape François, les forces de l'ordre vont devoir composer avec des plannings très chargés. Au programme pour le nouveau souverain britannique, une cérémonie à l'Arc de Triomphe, une réception à l'Élysée, un dîner de gala à Versailles, un tour par Notre-Dame de Paris puis au Museum d’histoire naturelle.

Mais là où le programme se complique, c'est que le couple royal est attendu à Bordeaux samedi. Charles III et de Camilla se rendront à l'hôtel de ville, puis sur le port pour visiter une frégate, avant de rencontrer des pompier ayant lutté contre les incendies dans les Landes l'an dernier. La visite doit se clôturer par un tour au prestigieux vignoble du Château Smith Haut Lafitte.

Dans le même temps, le pape François est attendu à Marseille pour deux jours de visites. Et là aussi, un défi sécuritaire attend les forces de l'ordre. En plus d'une prière à la Basilique-Notre-Dame, d'un discours au palais du Pharo et d'une rencontre avec Emmanuel Macron, le souverain pontife doit remonter l'avenue du Prado à bord de la "Papamobile". Un temps fort pour lequel des centaines de milliers de personnes sont attendues. Sa visite se clôturera samedi après-midi par une grande messe au stade Vélodrome, à laquelle 60.000 personnes doivent participer.

"Que ce soit pour la visite du roi Charles III ou pour celle du pape François, ça combine à la fois un dispositif d'ordre public et, à la fois, le service de protection des hautes personnalités", explique une source policière.

D'autant qu'à Marseille, il faut "composer avec la densité de la ville, ça complique davantage le dispositif", ajoute cette source. Et que juste avant l'arrivée du pape François dans la citée phocéenne, le stade Vélodrome doit accueillir jeudi soir le match de la Coupe du monde de rugby France-Namibie.

Du "jamais-vu" en terme d'effectifs

Pour réussir à sécuriser simultanément ces trois évènements, le dispositif va augmenter crescendo: 8000 policiers et gendarmes seront mobilisés mercredi, 10.000 jeudi, 12.000 vendredi, avant de doubler et d'atteindre 30.000 agents samedi, grâce à l'appui de 135 unités de CRS et de gendarmes mobiles. Pour permettre ce déploiement massif, le ministère de l'Intérieur a demandé la suppression "de toutes les formations reportables" et le rappel "des effectifs au repos".

"C'est quasiment du jamais-vu, on mobilise l'ensemble des effectifs, mais nous ne sommes pas inquiets, on a préparé ça bien en amont", explique-t-on au ministère de l'Intérieur.

Si la journée de samedi "est sans aucun doute la plus compliquée", selon une source policière, c'est qu'en plus de la Coupe du monde de rugby, de la visite de Charles III et du pape François, d'autres événements pourraient venir jouer les troubles-fêtes. Des manifestations contre les violences policières sont prévues dans plusieurs villes de France, notamment à Paris. Le même jour, la capitale accueillera également la Techno Parade. Le lendemain, le Parc des Princes doit accueillir le match PSG-OM, une rencontre sous haute tension, et une mobilisation anti-LGV de Bordeaux à Dax est attendue.

"Ce sont des événements de nature à présenter des risques en matière de troubles à l'ordre public", explique-t-on à Beauvau.

Dans un télégramme envoyé aux préfets, Gérald Darmanin prévient ses troupes: ce sera "une semaine particulièrement intense sur le plan de l'ordre public". Pour garantir le bon déroulement de ces événements et la sécurité des personnalités comme du public, le ministre a demandé aux préfets de "mobiliser l'ensemble des ressources disponibles" pour "assurer une présence massive des forces de sécurité intérieure sur la voie publique, notamment dans les centres-villes et les quartiers".

Un an et demi après le fiasco de la finale de la Ligue des Champions au Stade de France, le 28 mai 2022, cette semaine s'annonce donc comme un véritable crash-test, à quelques mois seulement des Jeux Olympiques de Paris.

Article original publié sur BFMTV.com