EN IMAGES - Charlotte Rampling fête ses 75 ans : 10 choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur l'actrice

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Happy Birthday Charlotte Rampling ! La plus française des comédiennes britanniques ou la plus britannique des comédiennes françaises souffle, en ce 5 février 2021, sa 75e bougie. L’occasion idéale de regarder dans le rétroviseur pour revenir sur le parcours professionnel et sentimental de cette hypnotisante et énigmatique actrice, qu’on a pu voir récemment dans la série policière franco-danoise Kidnapping, produite par Arte.

Une globe-trotteuse francophone

Avant d’incarner le Swinging London et la Chelsea Girl, Charlotte Rampling a connu une enfance cosmopolite. Au gré des affectations de son père, colonel de l’armée britannique, elle vit dans plusieurs pays européens dont la France. De 9 à 12 ans, elle suit sa scolarité dans une école de Fontainebleau et apprend ainsi à parler la langue de Molière. Elle accompagne ensuite sa famille à Londres où elle débute une carrière de mannequin. Dans les années 70, l’actrice des Damnés de Visconti décide de s’installer définitivement en France pour suivre un homme. Un choix de résidence qu’elle n’a jamais regretté : "Pour eux [les Français, ndlr.] je suis une Anglaise qui parle français (…) Je suis exotique. Ils aiment cela et moi aussi", confie-t-elle au journal The Guardian.

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Un drame familial longtemps gardé secret

"Nous avons déménagé sept fois en treize ans. Dans ces conditions, Sarah était ma seule grande amie". C’est ainsi que Charlotte Rampling évoque sa sœur aînée dans son autobiographie Qui je suis, qui sera aussi sa plus grande douleur. À 21 ans, sa carrière au cinéma commence à décoller et elle est heureuse. Mais son bonheur est brisé lorsqu’elle rend visite à ses parents. "Ta sœur est morte", lui annonce brutalement son père. Partie vivre avec son mari en Argentine, la jeune femme décède à 23 ans. Des suites d’une hémorragie, lui raconte-t-on sans lui donner davantage d’explications. La comédienne doit attendre trois ans pour connaître enfin la vérité. Sa sœur s’est suicidée après avoir accouché prématurément d’un bébé garçon. Mais pour ne pas anéantir leur mère, son père a préféré ne rien lui dire et cultiver le non-dit. La star met de nombreuses années pour faire son deuil et gérer ce terrible secret qu’on lui a intimé de garder. "Il m’a fallu de longues traversées du désert avant que je ne verse ma première larme, pour devenir enfin une femme soulagée par une souffrance trop continue", dévoile-t-elle dans son livre.

Un cliché l’a propulsée "Femme la plus sexy au monde"

En 1974, Charlotte Rampling est en tournage à Arles pour les besoins du film Caravan to Vaccarès de Geoffrey Reeve. Elle y fait la connaissance d’Helmut Newton, venu la photographier pour le magazine Playboy. Le photographe australien d’origine allemande lui suggère de faire un autre cliché dans le célèbre Grand Hôtel Nord-Pinus. La Britannique pose alors de dos, assise sur une table en bois massif, un verre de vin à la main et… Uniquement vêtue d’escarpins ! Le cliché fait sensation auprès de la rédaction du magazine Vogue qui la publie en la légendant : "La femme la plus sexy au monde".

instagram@helmutnewtonfoundation
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Dans un (faux) ménage à trois

Il suffit parfois d’une mauvaise interprétation pour créer un scandale. Au début des années 70, la vedette du sulfureux film Portier de nuit (de Liliana Cavani) épouse l'acteur Bryan Southcombe, avec qui elle a son premier enfant, Barnaby. Dans une interview, elle raconte innocemment qu’elle et son mari vivent avec un autre homme. Il n’en faut pas plus pour que la presse s’offusque et parle de triolisme, de mariage libre et de ménage à trois ! La star se sent alors obligée de préciser qu’il ne s’agit pas d’une cohabitation à caractère sexuel mais bien d’une simple colocation avec un ami du couple.

Elle a vécu une troublante love story avec un singe

Si finalement la vie privée de Charlotte Rampling n’est pas aussi sulfureuse que la presse a voulu le faire croire, une histoire d’amour qu’elle incarne à l’écran trouble réellement les esprits. Dans Max mon amour de Nagisa Oshima, elle joue une femme mariée qui prend pour amant… Un chimpanzé. Lors de sa présentation au Festival de Cannes, en 1986, le film crée la polémique. La comédienne regrette cette incompréhension autour du scénario de Jean-Claude Carrière. "L’histoire est bizarre. Mais c’est ce qu’il se passe autour de l’histoire qui donne la couleur du film. Ça peut être sur la jalousie, sur la tolérance, sur l’incapacité des gens à accepter un être étranger dans leur milieu structuré", tient-elle à expliquer, comme le rappelle le site de la Cinémathèque.

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Une romance avec le pionnier de l’électro

Lorsque Charlotte Rampling et Jean-Michel Jarre se rencontrent, en 1976, à l’occasion d’un dîner donné à Saint-Tropez, ils sont tous les deux mariés mais leur union respective bat de l’aile. "Nous avons été attirés l’un par l’autre instantanément", se souvient le musicien dans The Independent. "J’ai toujours eu un faible pour les femmes anglo-saxonnes. (…) Charlotte est quelqu’un de très tolérant, qui ne juge jamais les autres", poursuit-il.

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Les deux célébrités finissent par quitter leur partenaire, forment une famille recomposée avec leurs enfants issus de leur précédant mariage, deviennent les parents de David (né en 1977), et se marient un an plus tard. Ils incarnent alors l’un des couples les plus glamour des années 80 et 90 et élèvent leurs enfants dans une double-culture, en leur parlant à la fois en anglais et en français. Mais vingt ans plus tard, ils finissent par se séparer tout en conservant un lien très fort. "Charlotte reste le pivot de mon existence, la mère de mes enfants, et ma meilleure amie", dévoile son ex-mari dans une interview accordée à Paris Match, en 2019.

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Elle a un fils magicien

De son union avec Jean-Michel Jarre est né un fils, en 1977. Petit-fils du célèbre compositeur Maurice Jarre, élevé par une mère actrice et un père pionnier de la musique électronique, il eut été logique qu’il s’oriente vers l’un de ces deux domaines artistiques. Mais dès dix ans, David préfère mener la baguette non pas de chef d’orchestre mais de magicien. Illusionniste professionnel et reconnu, il se produit à travers le monde depuis qu’il a vingt ans.

Elle est devenue la muse d’un réalisateur français

"Ce qui est bizarre, c'est qu'à chaque fois, tu as des relations très fortes avec les metteurs en scène, mais que tu n'as pas tourné deux fois avec le même", s’étonne François Ozon dans une interview croisée avec la comédienne franco-britannique, parue dans Les Inrockuptibles, en 2001. Charlotte Rampling va justement lui prouver le contraire en devenant la muse de celui qui l’a dirigée dans le sublime Sous le sable, en 2000.

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François Ozon la fait donc tourner trois fois supplémentaires : dans Swimming pool (2003), Angel (2007) et Jeune et Jolie (2013). Il lui confie des rôles qui lui permettent de décrocher des nominations aux César dans la catégorie Meilleure actrice.

VIDÉO - Cinéma : le double jeu de François Ozon

Elle est une véritable English rose

Francophile et francophone, Charlotte Rampling ne laisse pas les Français indifférents non plus. En effet, ces derniers n’hésitent pas à lui manifester officiellement leur attachement. En plus de recevoir un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, en 2001, elle est promue officier de l'Ordre national de la Légion d'honneur, en 2010. Surnommée "The look" par Dirk Bogarde, qui était fasciné par son regard glacé aux paupières épaisses, elle inspire même Meilland, le célèbre obtenteur et producteur de roses. En 1988, pour rendre hommage à la star énigmatique, la marque crée le rosier Charlotte Rampling ® Meihirvin. Une sorte d’arbuste qui donne une "rose parfumée à la teinte mystérieuse et originale" et dont chaque fleur ne déploie pas moins de 80 pétales… Grâce à elle, une English rose pousse véritablement en France !

Icône de mode même en pleine pandémie

Crise sanitaire oblige, les traditionnels défilés ont été remplacés par des présentations virtuelles. Pour la collection été 2021 de Saint Laurent, signée Anthony Vaccarello, le réalisateur Gaspar Noé a imaginé un troublant court-métrage. C’est à Charlotte Rampling qu’il a confié la délicate tâche de faire oublier la pandémie pendant sept minutes dans un clip intitulé Summer of ‘21. Dans une ambiance singulière d’intrigue érotico-policière et sur une sensuelle et rythmique reprise de I feel love de Donna Summer, la comédienne évolue telle une prêtresse dans une maison close où chaque mannequin arbore une création de la maison de couture en s’offrant aux regards concupiscents… Tout en respectant évidemment les mesures de distanciation physique. Shocking mais pas trop !

youtube@Saint Laurent
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