La chaussette comme accessoire de mode

Jimmy Lion

Ce qui a donné au sociologue Jean-Claude Kaufmann* l'envie de détricoter la chaussette, c'est cette apparence trompeuse de banalité. Certes, avant lui, le monde de la physique quantique a questionné la notion de paire, sexologues et psychanalystes se sont penchés sur son côté enveloppant, sans parler des philosophes, tel Hegel, qui la préférait trouée, car alors elle mobilisait l'esprit sur cet accident. La chaussette n'intéresse que lorsqu'elle pose problème. Et elle en pose de nombreux. Dans la sphère intime : chaussettes qui traînent, chaussettes orphelines, dépareillées. « A partir de la Révolution, la chaussette tombe dans la banalité, où elle restera tout le xxe siècle », rappelle l'auteur. Et tout concourt à ce qu'elle demeure invisible : « Elle se montre rarement et son existence est vouée à se faire oublier. » En plus de marcher par deux, elle est intrinsèquement double (fonction et signification). Elle peut être marqueur de position et de classe, un signe de reconnaissance, comme c'est le cas de la chaussette rouge papale de la célèbre marque italienne Gammarelli, qui délivre un message de statut, de puissance.

Effet de rupture...

Le plus souvent, elle est cependant à manier avec précaution. « C'est ce que j'appelle l'effet irruptif de la chaussette, poursuit Jean-Claude Kaufmann. Il faut se garder de trop l'exposer. Elle peut même être utilisée pour humilier ou renvoyer à des origines modestes, être pointée du...

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