Cette chauve-souris n’utilise pas son énorme pénis pour se reproduire, un cas unique pour un mammifère

Des chauves-souris sérotine commune en plein accouplement. Une étude publiée ce lundi 20 novembre dans la revue Current Biology révèle que cette espèce utilise son pénis comme une sorte de « bras copulateur ».
Current Biology Des chauves-souris sérotine commune en plein accouplement. Une étude publiée ce lundi 20 novembre dans la revue Current Biology révèle que cette espèce utilise son pénis comme une sorte de « bras copulateur ».

ANIMAUX - Une sexualité hors du commun. Chez les chauves-souris sérotines communes, les mâles possèdent un pénis d’une longueur exceptionnelle, bien trop importante pour pénétrer les femelles. Dans une étude publiée ce lundi 20 novembre dans la revue Current Biology, une équipe internationale de scientifiques révèle que les sérotines utilisent en réalité leur pénis comme une sorte de « bras copulateur ». Cette façon de procréer est une première pour un mammifère.

En raison de leur mode de vie nocturne et insaisissable, les comportements copulatoires des chauves-souris étaient jusqu’ici méconnus. L’unique certitude des scientifiques portait sur la taille disproportionnée de l’organe reproducteur des sérotines : il est sept fois plus long que ce que pourrait accueillir l’organe de la femelle.

Surtout, l’extrémité du pénis en érection prend la forme d’un cœur, comme vous pouvez le voir sur le schéma ci-dessous, lui aussi sept fois trop gros pour autoriser une pénétration. Auprès de l’AFP, le biologiste Nicolas Fasel insiste sur le fait que ces caractéristiques rendent « impossible » une copulation classique.

Les images inédites d’un retraité néerlandais

Mais le mystère derrière ce pénis disproportionné a été résolu grâce aux observations d’un centre de réhabilitation de chauves-souris situé en Ukraine et aux images transmises par un retraité néerlandais qui a observé l’accouplement des mammifères dans une église. Les chercheurs ont analysé notamment 93 accouplements dans l’édifice religieux, filmés à travers une grille à laquelle les chauves-souris s’agrippaient.

Le naturaliste en herbe, Jan Jeucken, est un retraité sans aucune formation scientifique vivant dans le petit village de Castenray, dans le sud des Pays-Bas. S’étant pris d’intérêt pour une population de sérotines vivant dans le grenier de son église, il avait installé des caméras pour surveiller leur activité.

Il a envoyé un mail à destination des chercheurs, dont le premier mot était « pénis », suivi par quelque chose en néerlandais, et le mot « Eptesicus », à savoir le nom scientifique de l’espèce. Ce dernier a retenu l’attention de Nicolas Fasel, qui, en regardant la vidéo attachée au mail, a compris qu’il « avait sa réponse ».

Un accouplement qui ressemble à celui des oiseaux

Et eurêka ! Effectivement, les vidéos transmises ont permis aux chercheurs de l’étude de découvrir qu’il n’y avait pas de pénétration lors de l’accouplement des sérotines. C’est la première fois qu’un mammifère est répertorié avec la capacité de se reproduire sans introduction de son appendice génital.

Concrètement, lors de l’accouplement, les mâles saisissent la femelle par la nuque en les mordant et déplacent, sans pénétrer, leur pénis sur la vulve, ce qui permet le transfert du sperme. Selon les chercheurs de cette étude, cet accouplement « par contact » ressemble à celui des oiseaux. Ce qui ne le rend pas plus rapide pour autant, bien au contraire. L’étreinte peut en effet s’éterniser chez la chauve-souris sérotine, avec une durée moyenne de 53 minutes, et un record enregistré de 13 heures.

Selon le professeur Fasel, la femelle pourrait aussi utiliser son col de l’utérus extrêmement long pour conserver le sperme de différents mâles pendant des mois, avant d’en choisir un pour procréer. Il est possible que d’autres espèces de chauve-souris se reproduisent de cette façon, ajoute le chercheur, qui suppose que plus de recherches sur le sujet pourraient voir apparaître « de nombreuses autres espèces avec des pénis étranges ».

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