Cher Jean-Claude Carrière...

Alix Girod de l'Ain
·1 min de lecture

Dr AGA rend hommage à l'écrivain, scénariste, parolier, metteur en scène et acteur Jean-Claude Carrière...

Bien sûr, il y a votre œuvre. Soixante scénarios, quatre-vingts livres, « à peu près », disaient les articles parus la semaine dernière : comment faire un décompte précis de votre travail, vous qui saviez tout écrire, tout raconter, les drames comme les comédies, le théâtre comme le cinéma, les romans comme les essais ? Mais, derrière l'écrivain, il y avait vous, cet homme, que j'ai eu la chance de connaître. Nous nous sommes rencontrés il y a longtemps, grâce à quelqu'un que j'aime et que vous aimiez.

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Sous les meilleurs auspices, donc. La première fois que j'ai dîné chez vous, je pense que j'aurais été invitée chez Victor Hugo, je n'aurais pas été moins impressionnée. Vous nous aviez raconté, l'œil pétillant, que votre jolie maison du 19e arrondissement était un ancien bordel et que ça avait dissuadé d'autres acheteurs, à l'époque. Pas de quoi choquer le scénariste de « Belle de jour », à l'évidence.

Les gens dont on n'oublie jamais les mots

Il y avait des gens du monde entier, un auteur afghan très beau, avec qui vous aviez un projet, quelqu'un qui jouait d'un instrument à cordes bizarre, presque tout le monde portait de longues écharpes, ça chantait, ça récitait de la poésie, ça pétillait, et puis il y avait votre femme, la belle Nahal Tajadod, qui glissait plus qu'elle n'avançait entre les groupes, des assiettes d'un exquis riz grillé iranien à la main. Et vous,...

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