Cinéma : Le « Grand Marin » reste à quai

Dinara Droukarova dans « Le Grand Marin », lors d'une scène de pêche impressionnante  - Credit:Slot Machine
Dinara Droukarova dans « Le Grand Marin », lors d'une scène de pêche impressionnante - Credit:Slot Machine

Inoubliable Lili. Assoiffée d'absolu, de bout du monde… Prête à tout, la jeune fille quitte Manosque-les-Couteaux, où elle se morfond, pour aller pêcher en Alaska. C'est le début du premier roman de Catherine Poulain, Le Grand Marin, un succès magnifique pour un livre qui l'est autant.

Le film, intitulé Grand Marin, qui en est adapté découvre Lili dans un port, où ce petit bout de bonne femme, interprétée par Dinara Droukarova, tout à fait dans le rôle, cherche, cherche, puis parvient à se faire embarquer sur un bateau de pêche, le Rebel. Elle apprend vite, Lili, au milieu de tous ces grands hommes qui boivent, fument et ne lui laissent pas même une couchette. Mais voilà, nous a déjà manqué au départ de ce film : l'allumage.

Tout ce qui dans le roman dit à quel point Lili crève d'ennui, remplit le lecteur de ce qui fait le fond du personnage, cette espèce de rage, de colère contenue du livre, ne passe pas ici. Les paysages sont époustouflants (cette lumière sur l'Islande !), mais le rythme n'est pas là. La tension narrative aurait pu être resserrée sur l'intrigue amoureuse, mais pas, alors le spectateur s'ennuie un peu à regarder le « moineau », comme la surnomme le skippeur, regarder le ciel, la mer, et même à bord du bateau, le seul marin à ses yeux, le beau Jude. Difficile de rendre à l'écran le style, le souffle, le mouvement incessant de la prose de Catherine Poulain. En revanche, l'image impressionne vraiment dans l'aspect documentaire de la pêche, la [...] Lire la suite