« Le cinéma rêve l’universel » : l'appel d'Isabelle Adjani, Caroline Fourest et Rachel Khan

Isabelle Adjani (comédienne), Caroline Fourest (auteure-réalisatrice), Rachel Khan (auteure, comédienne, juriste)
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Dans ce manifeste, Isabelle Adjani, Caroline Fourest et Rachel Khan appellent à ne pas tomber dans les revendications partisanes afin que le cinéma continue de nous unir.

Aucune cérémonie ne pourra jamais représenter la polysémie du cinéma. Nous le savons bien. C’est la subtilité même de l’art, sa magie, qui nous a manqué à cette soirée des César, où seuls les disparus et les images du passé semblaient garder le don et même l’envie de nous enchanter.

Les votants de l’Académie ont su récompenser de vrais espoirs, des genres de films très différents. A de vraies exceptions près, c’est l’émotion qui fuyait, laissant flotter le sentiment d’un entre-soi où l’on ne s’adressait qu’aux siens, sans vraiment parler aux autres. 

Chacun ou presque est venu livrer le monologue qu’on attendait de lui. Comme s’il fallait parler de « ses causes » à « sa communauté » ou à « ses followers ». Comme s’il devenait impossible de trouver les mots qui s’adressent à tous. Comme si le cinéma ne savait plus rassembler. Comment donner envie de rouvrir les salles pour s’y retrouver ? 

En trois heures trente, nous avons entendu parler de tous les maux du monde qui agitent les réseaux sociaux, mais bien peu de liberté d’expression et de création, pourtant menacées. Une nouvelle forme de censure monte. L’intimidation et l’assignation grignotent nos libertés d’écrire, de traduire, de dessiner, de réaliser ou d’interpréter. Faut-il être gay pour réaliser un film sur une histoire d’amour entre hommes ? Noire, jeune et américaine pour traduire une jeune poétesse afro-américaine ? Blanc pour...

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