« Le clitoris provoque une sorte de panique » : entretien avec l'historienne Delphine Gardey

Florence Tredez

Il aura fallu des siècles pour que les femmes puissent faire de cet organe le symbole de leur identité. L'historienne revient avec nous sur cette conquête cruciale du plaisir et du pouvoir. Réjouissant. 

Le clitoris nié, conspué, supprimé, mais le clitoris libéré, délivré ! Avec « Politique du clitoris » (éd. Textuel), l'historienne et sociologue Delphine Gardey, professeure à l'Institut des études de genre à l'université de Genève, dresse la première étude historique, scientifique et politique de cet organe féminin qu'on dessine aujourd'hui à la craie sur les trottoirs comme symbole d'un nouvel activisme féministe. À travers cet ouvrage érudit, passionnant et non dénué d'humour, il apparaît au centre d'un vaste complot ourdi contre les femmes pour asseoir la domination masculine. Sans utilité pour la reproduction, trop proche du pénis par sa physiologie, cet appendice embarrassant menace l'ordre établi et en subit les conséquences. Avant d'être « redécouvert » et brandi avec fierté aujourd'hui. Entretien.

« On devra attendre la fin du XIXe siècle, le début du XXe, pour disposer de premiers témoignages féminins sur la vie érotique des femmes. »

ELLE. Qu'est-ce qui vous a menée à cette étude du clitoris ?

Delphine Gardey. Je travaille depuis vingt ans sur les questions du corps, des sciences et de la biomédecine dans une perspective de genre. On bénéficie désormais de nouveaux travaux et l'écart entre la France et les États-Unis s'atténue. Ces interrogations sont devenues légitimes en tant qu'objets de connaissance. Avec mon éditrice, nous avons imaginé un livre qui serait érudit mais accessible, qui nous transporterait...

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