EN IMAGES - Coco Chanel disparaissait il y a 50 ans : 10 choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur la couturière

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Le 10 janvier 1971, Gabrielle Chanel, dite Coco Chanel, s’éteignait dans sa suite du Ritz, le mythique hôtel parisien de la place Vendôme. À l’occasion du 50e anniversaire de la disparition de celle qui incarne l’éternelle Mademoiselle, on rembobine le film de son existence. Une vie énigmatique faite de contrastes aussi saisissants que le noir et le blanc, ses tonalités signatures que la couturière française déclina tout au long de sa carrière au sein de la maison aux deux C entrelacés. De ses amours parfois malheureuses et souvent scandaleuses à son héritage mode, découvrez dix anecdotes sur celle qui participa à la libération du corps de la femme.

La reine du story telling

Véritable incarnation de l’élégance à la française et figure emblématique de la haute société du siècle dernier, Gabrielle née Chasnel n’a jamais assumé ses origines modestes. Elle naît, hors mariage, le 19 août 1883 à Saumur. Son père, camelot, est un homme très dur et sa maman, lingère et vendeuse sur les marchés, décède à l’âge de 31 ans des suites de la tuberculose. La petite fille n’a que 12 ans et est alors abandonnée, avec ses sœurs, dans un orphelinat en Corrèze. De son enfance misérable, la future Mademoiselle Coco ne confie que peu de choses.

VIDÉO - Histoire : sur les traces de Coco Chanel

Elle préfère s’inventer un autre héritage : une naissance romanesque dans un train, un papa négociant en vins parti faire fortune aux États-Unis et une jeunesse passée dans les clubs hippiques et huppés de Saumur. Pour certains de ses biographes, elle était une mythomane patentée, tandis que pour d’autres, ses nombreux mensonges n’étaient que l’expression d’un désir de revanche sociale afin d’être mieux acceptée par l’aristocratie, un milieu qui la fascinait.

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Coco, la chanteuse

Après quelque temps passé en tant que "cousette" dans un atelier de Moulins, Gabrielle veut tout faire pour sortir de sa condition et aspire à devenir chanteuse. Elle se produit régulièrement dans un café-concert à la mode où viennent se divertir de nombreux officiers et sous-officiers. Elle entonne régulièrement le très populaire titre Qui qu'a vu Coco dans l'Trocadéro ? Un choix qui lui vaut alors d’être surnommée… Coco ! Après s’être obstinée dans une carrière dans le music-hall, Gabrielle Coco Chanel (qui a fait tomber entre-temps le "s" du patronyme de son père), finit par accepter que sa "voix de seringue", comme la qualifie son bienfaiteur, le riche héritier Etienne Balsan, ne la mènera pas sur le chemin de la gloire. Un tout autre destin l’attend.

Un amour clandestin "so British"

Alors qu’elle est en train de mener une vie de château (littéralement) aux côtés d’Etienne Balsan, elle fait la connaissance d’Arthur Capel, un homme d’affaires anglais, que ses amis surnomment "Boy". Le coup de foudre est immédiat et réciproque. "Le garçon était beau, très beau, séduisant. Il était plus beau que beau, magnifique (…) Je tombai amoureuse de lui", confie-t-elle à Paul Morand, auteur de L’Allure Chanel. Il l’aide à financer l’ouverture de ses premières boutiques à Paris, à Biarritz et à Deauville. Ils mènent ensemble la grande vie mais Boy ne souhaite pas faire de Coco son épouse. Il se marie avec une autre femme, une aristocrate britannique, mais demande néanmoins à la styliste de rester sa maîtresse. Elle accepte : "Qu’il soit là et qu’il m’aime, et qu’il sache que je l’aime, le reste n’avait plus d’importance", s’en contente-t-elle, comme le rapporte Marcel Haedrich dans Coco Chanel.

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Une mort dont elle ne s’est jamais remise

Cette liaison à mi-temps avec Arthur Capel lui permet de se plonger davantage dans le travail et de se faire un nom dans la mode. Elle est alors à la tête d’une maison de haute couture qui ne désemplit pas quand elle apprend, quelques jours avant Noël 1919, que son amant qu’elle adore depuis dix ans, est mort dans un accident de voiture. Elle ne se remettra jamais de sa disparition et aucun autre homme ne pourra prendre sa place dans son cœur. "Cette mort fut pour moi un coup terrible. Je perdais tout en perdant Capel", se souvient la jeune femme dans la biographie que lui a consacrée Henry Gidel.

On lui doit la marinière et la mode du bronzage

Entre autres pièces culte et indémodables, telles que les chaussures bicolores beige et noir imaginées pour allonger la jambe et raccourcir le pied, Gabrielle Chanel a réinventé un vêtement de travail pour l’introduire dans le vestiaire féminin. En 1913, elle s’inspire des tricots rayés bleu et blanc que portent les matelots de la Marine Nationale pour en proposer une nouvelle version aux élégantes qui séjournent dans la station balnéaire de Deauville. La tendance de la marinière est née ! C’est à Coco qu’on doit aussi, en 1923, un renversement de mode. Alors que les femmes dites chic se doivent à l’époque d’arborer un teint diaphane, la couturière en vogue revient avec un teint halé de ses vacances passées au bord de la mer du Nord. Il n’en faut pas plus pour que ses admiratrices lui emboîtent le pas en se mettant à bronzer sur les rives de la Côte d’Azur pour y trouver un soleil qui dore la peau.

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Une supposée liaison avec un grand compositeur russe

D’après de nombreux ouvrages, dont le roman Coco et Igor de Chris Greenhalgh (qui a inspiré le film Coco Chanel et Igor Stravinsky de Jan Kounen, sorti en 2009), la fondatrice de la maison de la rue Cambon et le compositeur russe auraient vécu une histoire d’amour dans les années 20. À cette époque, Gabrielle Chanel côtoie le cercle parisien russe et entretient une relation avec le Grand-duc Dimitri Pavlovich Romanov, neveu du tsar Nicolas. Elle s’est également liée d’amitié avec la pianiste polono-russo-belge, Misia Sert, qui restera à ses côtés jusqu’à sa disparition. Intriguée par la culture de cet immense pays alors en proie à une Révolution, elle propose à Igor Stravinsky, dont on dit qu’elle aurait financé la production de son très controversé Sacre du Printemps, de trouver refuge avec sa famille dans l’un de ses appartements. Cette complicité fait alors fait naître la rumeur d’une liaison entre elle et le compositeur des ballets russes. Aujourd’hui encore, le mystère demeure quant à la véracité de cette love story…

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Sa relation avec l’ennemi sous l’Occupation

Pendant la seconde guerre mondiale, Coco Chanel est loin d’avoir un comportement exemplaire. Bien au contraire ! La créatrice de l’iconique "petite robe noire" ferme ses boutiques de vêtements et licencie son personnel pour se consacrer à la vente de ses parfums, dont le N°5, qui célèbre cette année son centenaire. Elle profite des lois antisémites, imposées par le régime de Vichy, pour tenter de récupérer la totalité de la licence de sa célèbre fragrance, qui est en fait la propriété d'une famille juive, les Wetheimer, avec lesquels elle s’est associée au début des années 20. Sa requête n’aboutit pas. N’hésitant pas à fricoter avec l’ennemi de la France d’alors, Gabrielle Chanel s’entiche de Hans Günther von Dincklage, un agent du renseignement allemand et s’installe au Ritz, un palace réquisitionné à l’époque pour être le siège de la Luftwaffe. À la Libération, elle est arrêtée et interrogée. Elle est finalement remise en liberté et part se faire discrète en Suisse.

Elle détestait le New Look de Christian Dior

Piquée au vif par le succès de Christian Dior, elle décide de quitter sa retraite suisse pour rappeler au reste du monde qu’elle est encore la reine de l’élégance parisienne. Celle qui a libéré le corps des femmes en leur proposant des silhouettes fluides et sans entrave ne supporte pas le New Look. "Dior n’habille pas les femmes, il les rembourre", fulmine-t-elle devant les tailles marquées, les poitrines soulignées et les hanches valorisées, caractéristiques du style de son rival, qui décède brutalement après avoir présenté sa dernière collection en 1953. À 71 ans, Gabrielle Chanel n’a pas dit son dernier mot et rouvre sa maison de la rue Cambon pour présenter sa nouvelle collection, qui compte une centaine de créations modernes et pratiques dont le tailleur en tweed gansé, qui deviendra l’une de ses pièces culte… Pour le meilleur et pour le pire !

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Elle a siglé un funeste tailleur rentré dans l’Histoire

Fan des créations de l’éternelle Mademoiselle et fidèle cliente de la griffe, Jackie Kennedy possède plusieurs tailleurs Chanel. Elle en affectionne un en particulier ; il est en lainage bouclette de couleur rose bubble gum avec un col marine et à double boutonnage. Elle l’a mis à plusieurs reprises mais c’est celui-là qu’elle choisit de porter le 22 novembre 1963, lorsqu’elle accompagne son époux John Kennedy à Dallas. Elle assortit ce modèle, issu de la collection automne-hiver 1961, à un pillbox hat confectionné dans un jersey provenant des ateliers de la marque française. Lorsque le président des États-Unis est assassiné alors qu’elle se trouve à ses côtés dans une voiture décapotable, le vêtement est éclaboussé par le sang de son mari. L’Histoire a gardé l’image de la First Lady refusant de se changer et arborant un tailleur taché jusqu’au retour du cercueil de JFK à Washington dans la nuit qui suivit le drame. Emblématique de cette tragédie qui bouleversa l’Amérique et le reste du monde, la tenue qui n’a jamais été nettoyée est précieusement conservée à la National Archives and Records Administration (le centre des Archives nationales américaines).

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Elle a imaginé sa propre tombe

Coco Chanel décède le 10 janvier 1971, à l’âge de 87 ans. Si ses funérailles sont organisées en l’église de la Madeleine, à Paris, la styliste française est enterrée à Lausanne, en Suisse. C’est au cimetière du Bois-de-Vaux que se trouve la tombe qu’elle avait dessinée et qui a été réalisée par le mari de sa petite-nièce Gabrielle Palasse-Labrunie. Les instructions étaient précises, comme l’ont été ses coups de ciseaux, et ont été respectées. Mademoiselle voulait que sa dernière demeure soit végétalisée de fleurs blanches, qu’un banc de pierre soit installé sur le côté et que figurent sur le monument 5 têtes de lion, clins d’œil à son chiffre porte-bonheur et à son signe astrologique. Gabrielle Chanel n’est plus, comme l’indique l’inscription sur la stèle, mais Coco et son esprit, eux demeurent…

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