Codressing : partager ses vêtements, un nouvel art de vivre

Valérie Josselin

On a toutes un jour piqué le col roulé de notre père, le caraco en soie de notre mère ou la robe préférée de notre sœur aînée. Ce réflexe instinctif est désormais devenu une pratique courante qui sort du cercle familial, le codressing. On ne s'en cache plus !

Coworking, coliving, habitat participatif, bookcrossing, covoiturage, jardin communautaire… le collaboratif est plus que jamais dans l'air du temps. 65 % des Français se disent aujourd'hui prêts à partager des objets qu'ils utilisent, contre 54 % en 2014¹. Après les biens de consommation et les espaces de vie, c'est au tour des vêtements ! « Ce qui faisait barrière – renvoi à l'intimité, problèmes d'hygiène – est en train de sauter, observe Frédéric Godart, sociologue et auteur de Sociologie de la mode (La Découverte). Le codressing devient une pratique acceptable et même valorisée socialement. » Signe des temps, les marques Comptoir des Cotonniers ou The Kooples ont abandonné leurs campagnes de publicité mettant en scène des mères et leurs filles ou des couples. Aujourd'hui, elles ne feraient plus parler d'elles tant la tendance est désormais courante…

Une aspiration à consommer mieux

Avec la crise économique et l'érosion du pouvoir d'achat, les motivations sont d'abord d'ordre financier, selon le Crédoc² (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie). Les préoccupations sont aussi environnementales et éthiques. Que la mode soit l'une des industries les plus polluantes – 2 000 litres d'eau pour un vêtement en coton – n'est plus un secret pour personne. Bref, on note aujourd'hui un véritable mouvement de protestation contre le vêtement neuf, « jetable », surtout chez les millennials. « Comme l'...Lire la suite sur Femina.fr

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