Coloré et enchanteur : dix conseils déco pour un intérieur inspiré par Jacques Demy

Cette année marque les 90 ans de la naissance du réalisateur français célèbre pour ses films musicaux, ses personnages pétillants et son style graphique inimitable. Une esthétique qu’il est possible de recréer dans son intérieur en suivant quelques étapes.Jacques Demy. Son nom évoque, à lui seul, la bonne humeur et l’insouciance. Ses films sont comme des bulles de champagne. Les regarder permet de lutter contre la déprime. En somme, c’est une véritable prescription contre la morosité ambiante. Ce n’est donc pas un hasard si au printemps dernier, au sortir du premier confinement, Netflix a proposé neuf longs-métrages du cinéaste français dans son catalogue. L’occasion de découvrir (pour ceux qui n’avaient pas encore été convertis à l’œuvre de Jacquot de Nantes) les récits enchantés où cinéma et musique se mêlent à merveille. Le tout dans des villes (Cherbourg, Rochefort…) devenues incontournables dans la pop culture.À lire > Peau d'âne, un Demy-siècle d'amourJacques Demy c’est treize films réalisés en près de trente ans de carrière. Dès ses débuts à l’orée des années 1960, cet admirateur de cinéma américain importe en France un genre totalement nouveau : celui de la comédie musicale. Chanter dans les films ? Pour beaucoup, cela sonne comme une incongruité. Pour le mari d’Agnès Varda, ce sera une ligne directrice tout au long de sa carrière. La musique est incontournable dans la filmographie de Jacques Demy et l’un de ses chefs-d’œuvre reste évidemment « Les Parapluies de Cherbourg » (1963), qui réussit l’exploit d’être entièrement chanté. Pour ce film, le réalisateur remporte la Palme d’or au Festival de Cannes et lance par la même occasion la carrière d’une certaine Catherine Deneuve. Outre le grand compositeur Michel Legrand, Jacques Demy va travailler de manière étroite avec Bernard Evein, décorateur de cinéma et de théâtre. C’est à ce dernier que l’on doit l’esthétique si spécifique qui infuse les films du réalisateur des « Demoiselles de Rochefort ». Une signature graphique qui sera une véritable source d’influence dans le milieu de la décoration d’intérieur.Des couleurs et encore des couleurs« Les films colorés de Jacques Demy. » Si vous dites cette phrase, c’est que vous faites un pléonasme. Car oui, les longs-métrages du réalisateur font dialoguer le rose fuschia et le vert pomme, le jaune canari et le bleu ciel. Certains de ses films sont de véritables arcs-en-ciel, à l’image des « Demoiselles de Rochefort » (1967), dans lequel il transforme la ville militaire de Charente-Maritime en cité aux teintes chatoyantes. On l’aura compris, si l’on veut imiter l’esthétique de Jacques Demy chez soi, il ne faut pas avoir peur de mettre de la couleur. Évidemment, les coloris pop sont chaudement recommandés et peuvent apporter une touche d’originalité non négligeable à une assise, comme un canapé ou un fauteuil. Mais si vous êtes freiné par les nuances criardes, vous pouvez tout à fait vous rabattre sur des teintes plus discrètes. Chez Jacques Demy, les couleurs pastel ont aussi leur importance, comme on le remarque dans l’appartement qu’occupe le personnage de Danielle Darrieux dans « Une chambre en ville » (1982). Pour donner une touche pastel à votre décoration, pensez aux meubles d’appoint comme un coffre en bout de lit ou un repose-pieds, afin d’apporter un contraste avec les couleurs fluo.Bien sûr, vous ne manquerez pas d’investir dans un papier peint digne de ce nom. Chez Jacques Demy, les murs blancs sont rares. Soit ils sont repeints dans des couleurs pop, soit ils sont tapissés d’un papier peint délicieusement vintage, à l’image de ceux de l’appartement de Madame Émery dans « Les Parapluies de Cherbourg ». Pour les motifs, tous les choix sont possibles mais les fleurs semblent incontournables. Comme il s’agit d’un choix esthétique pour le moins audacieux, on calme le jeu en misant sur des meubles sobres et un style épuré.Jeux d’influencesLe cinéma de Jacques Demy est influencé par de nombreuses références artistiques et sociologiques. Attaché à la France, il n’en demeure pas moins un amoureux des États-Unis. Le réalisateur y a d’ailleurs vécu pendant quelques années et a tourné plusieurs films outre-Atlantique. Cela se ressent dans ses choix graphiques. Avec « Model Shop » (1968), il signe un film lumineux, comme baigné par le soleil de Los Angeles. Pour donner une note californienne à son intérieur, on se laisse tenter par le blanc et des accessoires qui viennent suggérer une certaine douceur de vivre propre à la côte ouest américaine, comme un tapis bleu ciel et à motifs.Autre emprunt de Jacques Demy à la culture américaine : le psychédélisme du mouvement hippie de la fin des années 1960. On en trouve déjà des traces dans « Les Demoiselles de Rochefort » mais l’exemple le plus probant reste évidemment « Peau d’âne » (1970), réécriture décalée du célèbre conte de Charles Perrault. Un film qui se passe essentiellement dans une forêt, puisque c’est ici que se réfugie la princesse jouée par Catherine Deneuve. Afin de rendre hommage à ce film de notre enfance, on transforme son salon en serre où les plantes règnent en majesté. Si ce n’est pas vous qui allez dans les bois, alors ce sont les bois qui vont venir à vous. Enchanteur, le monde de Jacques Demy va égayer votre intérieur.Vous souhaitez donner une nouvelle ambiance à votre appartement ? Zoom sur dix astuces pour le transformer en décor d’un film de Jacques Demy.