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"Je condamne fermement" : la lettre de Macron au maire de Saint-Brévin après l'incendie de son domicile

Le chef de l'État a envoyé le 3 avril dernier une lettre à Yannick Morez, quelques jours après l'incendie criminel dont le domicile de l'élu de Loire-Atlantique a été la cible.

"Je tenais à vous exprimer tout mon soutien." Quelques jours après l'incendie criminel du domicile de Yannick Morez, maire de Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique) et avant sa démission "pour des raisons personnelles", le président de la République avait envoyé le 3 avril un courrier, que BFMTV a pu consulter, à l'élu de cette commune.

"Je mesure pleinement le rôle crucial qui est le vôtre. Engagé au quotidien en tant qu'élu local, vous êtes au contact de nos concitoyens et la première incarnation de notre système démocratique à leurs yeux (...) Je veux donc saluer cet engagement qui fait honneur à notre pays", a d'abord rappelé Emmanuel Macron dans sa lettre.

"Aux côtés des élus"

Puis, le chef de l'État est revenu sur l'incendie criminel dont le domicile de Yannick Morez a été la cible le 22 mars dernier, alors que l'élu dormait chez lui avec son épouse. Le feu a détruit deux véhicules et endommagé une partie du bâtiment, sans faire de blessé.

Le maire de Saint-Brévin-les-Pins assurait à l'époque avoir été victime d'une série de menaces depuis plusieurs mois. La raison? L'édile soutient le déménagement d'un Centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada), déjà présent dans la ville depuis 2016. Le projet suscite le rejet de certains habitants qui ont organisé des manifestations à plusieurs reprises ces derniers mois.

"Si la colère et la détresse, qui trouvent parfois à s'exprimer chez certains administrés, doivent être entendues, rien ne saurait justifier le recours à la violence, physique comme verbale. Aussi, je condamne le plus fermement les faits dont vous avez été victime", a déploré Emmanuel Macron.

Il a poursuivi: "Soyez assuré que je me trouve aux côtés des élus de notre pays afin de leur assurer les meilleures conditions d'exercice de leurs mandants, au service des Français."

L'élu regrette un "manque de soutien de l'État"

Malgré cette lettre du président, Yannick Morez a justifié, en partie, sa demande de démission par un "manque de soutien de l'État".

Cette thèse a aussi été défendue sur BFMTV par David Lisnard, maire LR de Cannes et président de l'Association des maires de France (AMF).

ll a souligné que la France traversait une "crise civique majeure qui se traduit par de la violence physique et morale."

"L'État est toujours aussi impuissant face à ceux qui dévient et toujours plus entravant de l'action politique", a-t-il fustigé.

L'État a soutenu le maire selon le préfet

De son côté, le préfet de Loire-Atlantique Fabrice Rigoulet-Roze a assuré ce jeudi que l'État a toujours été présent aux côtés du maire lors des manifestations contre le projet de Centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada).

"On avait mobilisé deux unités en renfort pour préserver cette sécurité avec la présence sur place aux côtés du maire ou des élus qu'il désignait, du sous-préfet, lors des manifestations", assure-t-il.

Il a par ailleurs précisé à nos confrères de l'AFP que "des mesures ont été prises", "notamment de protection spécifique", après que le maire de Saint-Brévin a été visé par un incendie. Le préfet a évoqué en particulier des "patrouilles régulières de gendarmerie nationale" et des "échanges très récents" avec ces militaires afin d'évaluer les intimidations dont était victime l'élu.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Réfugiés : vague d'indignation après la démission du maire de Saint-Brévin