Quel impact du confinement sur l’usage des médicaments ?

Les Français ont-ils continué de consommer les médicaments de la même façon pendant le confinement ? Une étude de pharmaco-épidémiologie portant sur les médicaments remboursés sur ordonnance en pharmacie révèle que non. Ce travail a permis de comparer, « pour 58 classes thérapeutiques, le nombre de personnes ayant eu une délivrance remboursée en pharmacie chaque semaine depuis mars 2020 au nombre “attendu” estimé sur la même période en 2018 et 2019 », explique l’Agence nationale du médicament.

Résultat, après un « phénomène initial de « stockage » au cours des deux premières semaines du confinement », les auteurs ont observé « un retour vers une consommation normalisée des traitements de pathologies chroniques depuis la mi-avril ».

Retards vaccinaux et diagnostiques

Dans le détail, ils ont mis en évidence « une forte diminution de la délivrance (…) des vaccins – entrainant possiblement une prise de retard dans le calendrier vaccinal ». Même constat pour « les produits destinés aux actes tels que coloscopies, scanners et IRM. Les examens non pratiqués, indispensables pour diagnostiquer certains cancers ou maladies graves, pourraient entrainer des retards de prise en charge », poursuit l’ANSM.

Autre baisse substantielle : la corticothérapie orale et les antiinflammatoires non stéroïdiens ou AINS ont diminué de plus de 70 %. « Une diminution probablement en lien avec la mise en garde concernant l’utilisation des antiinflammatoires émise (…) pour un risque potentiel d’aggravation du Covid-19 », analyse l’ANSM. L’antibiothérapie systémique, dont la baisse est particulièrement marquée chez les enfants, peut quant à elle « s’expliquer par un possible effet de l’arrêt de la circulation de tous les virus (hors SARS-Cov-2) et autres agents infectieux avec la fermeture des crèches et des établissements scolaires ».