Confinement : quand sexe rime avec interdit

Carole Boinet
© Thomas Lévy-Lasne

“Moi, j’ai rencontré un gars dans le parc de Montreuil”, nous écrit-il sur Facebook. D’autres préfèrent l’anonymat d’une adresse mail créée pour l’occasion ou, a contrario, la proximité d’un coup de téléphone avec le son du rire et des silences. Facebook, c’est personnel mais ça expédie vite, pas le temps d’y penser. Et lorsqu’on aborde le sujet de la fraude, on est gêné·e aux entournures.

Alors que la France se confine du mieux qu’elle peut depuis le mardi 17 mars, comment raconter – encore plus expliquer – que l’on fraude pour du sexe ? Nos appels à témoignages ont d’ailleurs récolté quelques commentaires salés, type “dénoncez-les” ou "vous n’avez pas mieux à faire". Pas mieux à faire qu’étudier certains comportements plus ou moins inattendus surgis d’une situation de crise ? Pas vraiment, non.

Le parc “le plus stylé de Montreuil”, dixit Sébastien, 30 ans, est fermé, mais des trous dans les grilles permettent de s’y faufiler. Au bout d’un mois de confinement, Sébastien commence à s’y promener quotidiennement et croise, chaque jour à la même heure, le même mec. Le troisième jour, une clope est taxée. Par ennui, désœuvrement, rendez-vous est pris le lendemain avec des canettes de bière.

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