Avec le confinement, les travailleuses du sexe encore plus précaires

AFP

TRAVAIL - Une clientèle absente et une santé à préserver. La précarité des travailleurs et des travailleuses du sexe, dont la chute des revenus pousse certains d’entre eux à la rue, s’est aggravée depuis le confinement imposé pour endiguer la propagation du coronavirus.

Le dernier client de Pamela* remonte au 16 mars, à la veille du confinement. “Je n’ai pas le choix puisque je travaille dans la rue et je me déplace chez les gens”, explique cette prostituée toulousaine de 46 ans.

Pourtant, les sollicitations n’ont pas complètement cessé, mais Pamela les ignore: “payer une amende de 135 euros pour un client à 50, non...” Pour l’instant. Si le confinement devait se prolonger, son maigre matelas financier ne suffira plus. “Je vais prendre des risques, c’est obligé. Même si je fais deux clients par semaine, ça paiera au moins la nourriture”, explique-t-elle.

Assurer sa survie

“La situation est dramatique”, s’inquiète Sarah-Marie Maffesoli, coordinatrice chez Médecins du Monde. “Il n’y a quasiment plus de clients. Combien de temps vont-elles pouvoir arrêter de travailler? Être en bonne santé sans pouvoir manger, ni nourrir ses enfants, c’est compliqué”, dit-elle.

Les travailleurs du sexe, dont une minorité exercent sous le statut d’auto-entrepreneur, ne pourront pas non plus prétendre à l’aide de 1.500 euros promise par l’État aux indépendants en compensation de leur baisse d’activité.

La communauté, très solidaire, a lancé plusieurs cagnottes en ligne. Celle relayée par la page Instagram “Tapotepute”, suivie par plus de 17.000 abonnés, s’élève à plus de 10.000 euros. “On espère aider une trentaine de TDS (travailleuses du sexe)”, explique Judith*, 22 ans, escort à Paris et créatrice de la page.

Pour celles qui continuent d’exercer “pour assurer leur survie”, le Syndicat du travail sexuel (Strass) a diffusé sur son site une série de recommandations comme ”éviter tout contact de la salive” ou “toute position sexuelle en face à face”.

Beaucoup d’associations, qui ont dû cesser...

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