Congélation des ovocytes : en attendant la loi

Marine Revol

Alors que le projet de loi, qui devrait ouvrir à toutes les femmes le droit à la conservation de leurs gamètes, doit encore être validé par le Sénat, certains gynécologues militants aident déjà les Françaises dans leur démarche. Enquête. 

Un dîner parisien, du vin, des clopes sur la table. Une femme confie à Sonia qu'elle est en train de faire congeler ses ovocytes. « Ah oui ? Moi aussi !, lui répond-elle. – Oui, je reviens tout juste d'Espagne. » Un ange passe. Sonia, elle, fait congeler les siens en France. « Ah… comment ça ? » demande la femme. Sonia bredouille deux mots, et finit par lâcher qu'elle a « trouvé quelqu'un ». Un gynécologue bienveillant, qui s'arrange avec la loi existante pour permettre aux Françaises qui le désirent de congeler leurs ovocytes dans leur pays. Car, si le projet de loi relatif à la bioéthique prévoyant notamment l'autoconservation des gamètes pour toutes les femmes a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale, il doit encore être examiné par le Sénat, cette année, avant son adoption définitive. D'ici là, la conservation des ovocytes sans raison médicale reste a priori interdite en France. C'est à partir de ses 35 ans que la question de la maternité s'est sérieusement posée pour Sonia, avocate et célibataire : « J'ai très mal vécu cet anniversaire. 35 ans, c'est un premier bilan de vie. Jusqu'à mes 30 ans, j'avais le temps. Puis il y a eu un petit coup d'accélérateur et, à 35 ans, on se dit qu'il ne faut plus trop tarder. J'avais déjà réfléchi à la congélation d'ovocytes, il fallait concrétiser. » La jeune femme se tourne d'abord vers sa gynécologue habituelle. La réponse est aussi glaciale que son...

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