Le courage des blouses blanches

Catherine Robin,Alice Augustin

Applaudi, remercié, félicité... La France confinée célèbre d'une seule voix le personnel de santé, mobilisé face à l'épidémie. Les soignants, ces nouveaux héros ? Entre engagement, épuisement et colère, ils nous livrent leur ressenti.

À Lyon, on a allumé des bougies sur le rebord des fenêtres. À Paris, Marseille, Grenoble, des applaudissements ont résonné dans les rues. D'abord timidement, puis avec de plus en plus de vigueur. Sur Twitter, un acteur césarisé a proposé son studio parisien vide pour héberger des soignants. Sur WhatsApp, un nouveau slogan circule : « Les vrais héros ne portent pas de capes, mais des blouses blanches. » Partout, les mots sont les mêmes : admiration, reconnaissance, soutien sans bornes pour l'engagement et le professionnalisme de ceux qui bravent les risques de contamination, la fatigue, le manque de moyens, l'anxiété croissante de leurs concitoyens.  

Il faut toujours que quelque chose se détraque pour que le petit peuple des biens portants se rappelle soudain l'importance et l'extraordinaire dévouement du corps soignant envers les corps malades. Depuis quelques jours, la prise de conscience est collective. Et pour cause. Face à une épidémie d'une telle ampleur, la mobilisation du personnel de santé est, comme elle l'avait été au moment des attentats de 2015, impressionnante. Pas question de s'arrêter, se confiner (sauf à y être contraint par le virus) ou de quitter le navire. Aïda Najafi, urgentiste à l'hôpital Cochin à Paris, devait prendre des vacances à La Réunion au début du mois mais, « voyant l'épidémie se profiler, il était hors de question que je parte, raconte-t-elle. Comment imaginer mes collègues sous l'eau et moi les...

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