Le créateur de mode Alber Elbaz est mort des suites de la Covid-19

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Le créateur de mode Alber Elbaz est décédé des suites de la Covid-19. Paris Match l'avait rencontré dans son atelier parisien alors qu'il venait de lancer AZ Factory, une façon inédite de penser le luxe. Il nous avait alors ouvert les portes de sa maison « réversible », atelier de couture sur l’endroit, start-up sur l’envers. Voici l'intégralité de ce reportage publié dans le numéro 3755. 

Un écrin de verre et de métal signé Jean Nouvel. Mille mètres carrés baignés de lumière, au troisième étage de la Fondation Cartier, traversés par les incessantes allées et venues des développeurs informaticiens, ordi portable greffé à la main, et des stylistes, aiguille à coudre à la bouche. Nous sommes dans le quartier général du couturier Alber Elbaz : AZ Factory, la première maison de mode de luxe 100 % digitale, uniquement tournée vers le e-commerce. Le groupe Richemont, numéro 2 mondial du luxe, participe au financement du projet. Un partenaire et complice idéal pour le « startuper » Elbaz. Les ventes du luxe en ligne ont augmenté de 50 % en 2020 et, sur le Web, les alliances stratégiques du géant Richemont avec les leaders du commerce des accessoires et de la mode sont prometteuses : Yoox, Net-a-porter, Farftech et le titanesque chinois Alibaba qui, en 2020, frôlait le milliard de clients !

Fini, les boutiques fastueuses, vive les outils virtuels dédiés à la communauté « Alber & Friends » et les conversations privées avec ses VIC (« very important clientes »). Dans la « fashiontech » AZ Factory, le rythme des machines à coudre se mêle aux clics des claviers Apple tandis que, dans l’allée centrale qui dessert l’atelier de couture et les bureaux à l’équipement technologique dernier cri, Hana, belle comme une héroïne de manga, jupe rouge bordée de dentelle, arbore un tee-shirt trop large « everything is recorded » – « tout est enregistré ». Allusion à l’« espionnite » du monde numérique. Voilà qui est clair. Plus loin, un styliste, son coussin à aiguilles au poignet, scrute sur l’écran de son ordinateur les programmes codés des « tissus moléculaires » – des matières en viscose et Lycra à haute tension –(...)


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