Le cuir écolo, c’est possible ?

Dans le catalogue des griefs contre le cuir figure en bonne place le tannage, ce procédé par lequel la peau devient imputrescible et résistante à l’eau. Celui au chrome (ou minéral) que l’on utilise depuis le XIXe permet un traitement rapide et un résultat très souple. D’ailleurs près de 90 % du cuir du marché a subi ce type de "soins". Seulement, voilà, mélangé à d’autres substances utilisées lors du tannage, le chrome peut devenir très dangereux pour la santé et provoquer allergies, problèmes respiratoires, cancer...

Deux tiers du cuir des chaussures achetées en France vient d’Asie. Le Bangladesh est le champion du bas prix. Ce qui signifie une main-d’œuvre payée moins de 40 euros par mois, le travail d’enfants, des normes de sécurité proches du néant, et des résidus de tannage rejetés directement dans la nature contenant outre du chrome, des substances interdites en Europe, comme le mercure. Et en bout de chaîne, un matériau qui peut se révéler allergisant chez celui qui le porte. Sombre tableau qui ne nous laisse pas indifférent. Mais peut-on vraiment rêver et espérer un cuir écolo ? "Oui" d’après Frank Boehly, président du CNC (Conseil national du cuir) qui rappelle que "c’est l'activité de recyclage la plus ancienne au monde, la peau est un sous-produit du secteur de la viande et du lait. Et pour le traitement du cuir, en France, comme en Europe, les normes sont strictes : sécurité, traitement des eaux, produits autorisés...". Seulement voilà, "le cuir responsable, et de qualité, a un prix ! ajoute-t-il. Une paire de chaussures en cuir écoresponsable, à 30 euros, ça n’existe pas !" Malheureusement, un prix élevé ne garantit pas non plus une production au-dessus de tout soupçon.

Changer de peau

Pour limiter les dégâts, mieux vaut acheter des pièces d’origine européenne, et choisir plutôt un tannage végétal. Réalisée à partir d’extraits de chêne, de châtaignier, d’acacia, ou encore de mimosa, cette opération prend davantage de temps que son équivalent au chrome mais

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