Le culte du corps selon Olivier Bourdeaut

Sandrine Mariette
·1 min de lecture

Cinq ans après nous avoir enchantés avec le fantastique et mélancolique « En attendant Bojangles », Olivier Bourdeaut réussit un troisième roman musclé et jouissif sur le culte du corps.

Elizabeth Wernn ne comprendra jamais cette journée d’anniversaire. Qu’est-ce qui a bien pu traverser la tête de sa mère ? Enfin, comment ses parents ont-ils pu imaginer que, pour ses 7 ans, leur jolie petite fille aimerait être habillée en princesse et se pavaner sur une estrade pour gagner une couronne ? Bienvenue dans l’univers des mini-miss, en Floride. Pendant cinq ans, Elizabeth, la narratrice, triste de ne pas être moche, se transforme chaque week-end sous l’œil de la reine mère en « femme », fardée, peinturlurée d’autobronzant, épilée, méchée, avec faux cils, vrai string à 10 ans, faux seins, vraie chirurgie esthétique… « Ma mère s’emmerdait, elle m’a transformée en poupée. Elle a joué avec sa poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s’est vengée. » À 12 ans, la mini-miss parodie ce rêve de beauté et d’argent – 18 000 dollars par an avec les pubs – en pissant sur le podium face à la marâtre effondrée, qui enfin reconnaît l’intelligence de sa fille. Commence alors la vengeance d’Elizabeth, « mini-comtesse de Monte-Cristo », avec pour seule arme, ce que ses parents lui ont racketté en plus de son enfance : son corps.             

À travers cette héroïne sublime au style direct et au destin détonant – de mini-miss à bodybuildeuse de l’extrême –, Olivier Bourdeaut compose un requiem pour les innocentes, une vendetta aux notes hilarantes et glaçantes de vérité. Avec...

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