“Cursed” : une relecture au féminin décevante de la légende arthurienne

Alexandre Buyukodabas
Nimue (Katherine Langford) dans

On se souvient d’Excalibur, mordant la pierre à pleines dents en attendant que des mains dignes d’être roi en saisissent le pommeau, des amours adultères de Lancelot et Guenièvre, nouées d’alcôves en couloirs dans l’ombre des festins, de Merlin l’enchanteur murmurant à l’oreille des corbeaux et du roi Arthur mortellement blessé, glissant en Avalon comme on s’abandonne aux songes, fatigué des batailles, lassé des intrigues.

La légende arthurienne, premier grand mythe de fantasy ?

À l’écran mille fois invoquées, les figures du cycle arthurien sont apparues héroïques ou grossières, animées ou réalistes, en ligne claire ou décalée. Chevaliers sans peur et sans reproche chez Richard Thorpe ou John Boorman (Les Chevaliers de la table ronde en 1953, Excalibur en 1981), sertis d’enluminures chez Rohmer (Perceval le gallois en 1978) ou soumis aux métamorphoses chez Disney (Merlin l’enchanteur en 1964), ou encore dépassés par leur propre bêtise dans Sacré Graal (1975) ou Kaamelott (2005 – 2009).

Tissée et détissée au fil des siècles, la geste Arthurienne pourrait constituer le premier grand mythe de fantasy, à partir duquel se sont sédimentés les canons du genre et vers lequel les œuvres modernes, du Seigneur des anneaux à Game of Thrones, ne cessent de revenir, plus ou moins consciemment. Moins adaptés à notre époque, ses thèmes fondamentaux (l’amour courtois, la quête d’absolu) s’ouvrent à des variations contemporaines.

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