Décès de Miss. Tic : retour sur le parcours de la reine du street-art

Triste nouvelle pour les fans de street-art : Miss. Tic, connue pour avoir décoré dans les années 80 et 90 les murs parisiens de ses tags sensuels et élégants, est décédée à l’âge de 66 ans. Retour sur la carrière d’une artiste singulière.Elle s’était fait connaître dans les années 80 grâce à ses portraits de femmes brunes et sensuelles, souvent accompagnées de phrases drôles et poétiques. Miss. Tic, reine du street-art, est décédée des suites d’une maladie, à l’âge de 66 ans. Sa famille l’a annoncé sur ses réseaux sociaux en publiant une photo d’elle accompagnée de ce message : « Nous avons l’immense tristesse de vous faire part de la disparition de Miss. Tic, survenue le 22 mai 2022 à Paris. Nous vous tiendrons informés de la date de ses funérailles qui seront, selon ses souhaits, ouvertes au public. » Retour sur la carrière prolifique d’une artiste singulière. Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par - (@missticofficiel) Née en 1956 d’un père immigré tunisien et d’une mère normande, Radhia Novat - de son vrai nom - passe son enfance entre Château-Rouge et le Sacré-Cœur, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, avant de déménager, à l’adolescence, dans une cité près d’Orly, en région parisienne. C'est à ce moment-là qu'elle connaît l’un des grands drames de sa vie : un accident de voiture tue sa mère, son frère et sa grand-mère et lui fait perdre l’usage de sa main droite. Après deux ans et demi d’errance en Californie, où elle découvre avec délectation les joies de la culture punk, elle revient à Paris après un chagrin amoureux. C’est là qu’elle fait la connaissance des artistes de « la bande Ripolin » et de « Vive la peinture », qui sortent dans les rues de la capitale pour détourner les slogans des affiches publicitaires. Un nom inspiré d’une sorcière dans la BD Picsou Avec eux, Radhia apprend le street-art et se choisit comme nom d’artiste « Miss. Tic », une référence au nom de la petite sorcière qui veut voler l’oncle Picsou dans la bande-dessinée du même nom. Sa première œuvre est graffée en 1985 sur un mur du XIVe arrondissement. En noir et blanc, l’artiste représente une jeune fille faussement sage à côté de laquelle est écrit « J’enfile l’art mur pour bombarder des mots cœurs » (comprenez « J’enfile l’armure pour bombarder des moqueurs »). Ceux qui ont la chance de passer devant ses œuvres apprécient ses jeux de mots pleins d’esprit. Mais dans les années 90, la police décide de faire la guerre aux tagueurs. Un jour, la jeune femme imprime, sur la devanture d’un magasin du Marais, un dessin sous-titré « Égérie et j’ai pleuré ». Le commerçant n’apprécie pas et porte plainte. En 1997, l’artiste est arrêtée, puis condamnée à verser 22.000 francs de dommages et intérêts au plaignant. Des collaborations avec Vuitton et Kenzo Secouée par le procès, Miss. Tic arrête progressivement le tag sauvage pour privilégier désormais les collaborations. La Mairie du XXe arrondissement l’autorise ainsi à imprimer sur les murs une cinquantaine de pochoirs représentant des fragments de tableaux de peintres célèbres. Les commerçants de la Butte-aux-Cailles lui demandent de dessiner sur leurs rideaux de fer. Les marques, comme Louis Vuitton et Kenzo, fabriquent des produits dérivés à l’effigie de ses œuvres… Forme de consécration : en 2011, La Poste émet des timbres reproduisant ses graffitis. Ces dernières années, l’artiste conservait précieusement des photographies de ses tags dans son atelier. Une façon peut-être de figer pour l’éternité des œuvres qui, par définition, se destinaient à être dégradées et disparaître.

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