Déserts médicaux : face à la crise, les maires se tournent vers les mesures de contrainte

© Getty Images

Près de 60 % des Français ont déjà renoncé à consulter un professionnel de santé car il était installé trop loin de chez eux. Une situation qui force les maires à durcir le ton pour attirer les médecins dans leurs territoires.

Les élus locaux sont de plus en plus tentés par des mesures de contrainte pour attirer des médecins et lutter contre les déserts médicaux. « À force de constater la détresse de leurs administrés, les maires de tous les bords sont de plus en plus prêts à des solutions assez volontaristes », affirme Frédéric Chéreau, maire de Douai et coprésident de la commission santé de l’Association des maires de France (AMF).

« C’est un sujet dont nous discutons beaucoup et j’ai vu les lignes bouger à l’AMF », souligne-t-il, faisant allusion à « la liberté d’installation ». Cette règle permet aux médecins de choisir le lieu où ils souhaitent exercer professionnellement, mais nombre d’élus souhaitent la supprimer ou du moins l’encadrer pour lutter contre les déserts médicaux.

« Il y a quelques années, il y avait plutôt un consensus au sein de l’AMF pour dire non, pas trop de contraintes. Mais aujourd’hui, la contrainte fait partie des sujets dont parlent les maires de plus en plus », reconnaît Frédéric Chéreau, précisant que « 15 % des Français n’ont plus médecin traitant ».

Selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), le nombre de personnes vivant dans un territoire sous-doté en médecins généralistes est passé de 2,5 millions en 2015 à 3,8 millions en 2018, en raison notamment de nombreux départs en retraite.

Échec des mesures d’incitation

« Ce n’est...

Lire la suite de l'article sur Elle.fr

A lire aussi

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles