"En danger quotidiennement": un infirmier en psychiatrie témoigne après le drame survenu au CHU de Reims

"En danger quotidiennement": un infirmier en psychiatrie témoigne après le drame survenu au CHU de Reims

"Nous sommes en danger quotidiennement". Le CHU de Reims est en deuil ce mardi après la mort de l'infirmière attaquée lundi avec une secrétaire médicale à l'arme blanche par un homme souffrant de troubles psychiatriques. Un drame qui met en lumière la situation difficile que vivent les professionnels de la santé mentale. Julien, infirmier en psychiatrie, a témoigné sur BFMTV de son secteur en proie aux violences, mais aussi au manque d'effectifs et de moyens.

"La semaine dernière, on a un patient qui s'est présenté aux urgences psychiatriques de notre hôpital et qui a agressé plusieurs de nos collègues au cutter", a-t-il raconté ce mardi sur notre antenne.

Dans le cas de Reims, l’agresseur présumé avait fait l'objet en juin 2022 d’une ordonnance de transmission de pièces afin de saisir la chambre de l'instruction de la cour d'appel, pour qu'il soit statué une éventuelle "irresponsabilité pénale". La chambre de l'instruction de la cour d'appel devait statuer sur des mesures de sûreté ce vendredi.

La psychiatrie, "parent pauvre" de l'hôpital

Comme pour d'autres services à l'hôpital, la psychiatrie est également confrontée à du "sous-effectif chronique".

"Quand j'ai commencé il y a cinq ans à l'hôpital, nous étions cinq infirmiers et deux aides-soignants pour un service de 27 lits dont deux chambres d'isolement. Aujourd'hui, nous sommes deux infirmiers et un à deux aide-soignants par service, toujours pour 27 patients dont deux chambres d'isolement", a confié Julien sur BFMTV.

Moins de soignants, et une charge de travail plus conséquente pour celles et ceux restent à l'hôpital: "on voit qu'on a de plus en plus de mal à recruter, l'hôpital se dégrade de jour en jour et la psychiatrie c'est le parent pauvre", a poursuivi l'infirmier.

"On ne connaît pas bien encore l'origine des pathologies en psychiatrie", a enfin expliqué Julien, qui travaille au sein d'un service "qui ne rapporte pas", les pathologies se traitant sur le long-cours.

Article original publié sur BFMTV.com