Daniel Cordier : ses derniers souvenirs

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La cérémonie d'hommage national à l'ancien résistant Daniel Cordier vient de débuter en petit comité dans la cour de l'Hôtel des Invalides, dans le centre de Paris.

Les amateurs d’art ne diront jamais assez merci à Daniel Cordier qui vient de s’éteindre à 100 ans vendredi 20 novembre. Résistant et secrétaire de Jean Moulin pendant la Seconde Guerre mondiale il s’engage dès le 28 juin 1940 dans les Forces Françaises Libres. Après la guerre, le jeune héros devient marchand d’art. Un précurseur et découvreur de talents. A une époque où les pièces venues de contrées lointaines telles l’Océanie et l’Afrique n’étaient encore baptisées « Art Premier » et où Arman, Christo, Dubuffet, Louise Nevelson, Hantaï, Henri Michaux, Nicolas de Staël et quelques autres artistes contemporains n’avaient atteint la notoriété, Daniel Cordier les exposait déjà dans ses galeries de Paris et New York. L’audacieux marchand à l’œil infaillible que j’avais interviewé il y a deux ans au téléphone car, disait-il, « à mon grand âge je ne souhaite recevoir presque plus personne chez moi à Cannes» était davantage amoureux des œuvres que de son commerce. Lui qui un jour avait fait l’objet de cette question du Général lors d’une réception officielle à l’Elysée : « Continuez-vous à exercer votre coupable industrie ? »

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Quelques années après Cordier tourne le dos aux affaires, devient membre de la première commission d’achat de Beaubourg et historien, afin de défendre la mémoire de Jean Moulin accusé par Henri Frenay fondateur du mouvement « Combat » d’être cryptocommuniste. Résultat ? Il écrit trois volumes et 1 200 pages. En 1989 il donne quelque 500 œuvres au Centre Pompidou, suivi dans la foulée d’une seconde donation. Homme libre, l’esthète racontait sa longue existence, son quotidien surtout rythmé ces dernières années de marches, nourritures intellectuelles et(...)


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