Delphine De Vigan : « J’ai des rendez-vous très matinaux avec mon texte »

Anne Michelet
·1 min de lecture

La romancière dénonce les dérives de l’exposition sur Internet dans « Les enfants sont rois »*. Un livre vertigineux et implacable qui nous emporte. Best-seller en vue.

C’est la première fois que vous êtes publiée dans la collection Blanche chez Gallimard. Une consécration ?
Delphine De Vigan - C’est un peu intimidant. J’ai suivi mon éditrice, Karina Hocine, et j’ai conscience que nombre d’auteurs que j’aime et admire sont publiés dans cette maison. Dire que ce n’était pas présent pendant l’écriture ne serait pas vrai, mais j’ai essayé de m’en abstraire. De même que je m’éloigne de tout ce qui a pu être dit sur mes précédents livres, pour être le plus près possible de là où je dois être.

Vous attaquez et analysez les dérives des réseaux sociaux. Pourquoi ce thème ?
Delphine De Vigan - En général, les choses qui me heurtent sont à l’origine de mes livres. En l’occurrence, j’ai vu un jour un reportage télévisé sur des influenceurs de 8-10 ans. Ils étaient accueillis comme des rock stars par un public déchaîné et venaient faire des dédicaces pour une marque de vêtements. J’ai compris alors qu’il y avait tout un « écosystème » dont j’ignorais l’existence. J’ai commencé à me documenter sur ces enfants et leurs familles, et j’ai appris notamment qu’un projet de loi était à l’étude pour encadrer le temps de travail de ces jeunes. Petit à petit, l’envie d’écriture s’est précisée, mais il m’est rapidement apparu qu’il serait compliqué de décrire ce monde. De nombreux parents ignorent les valeurs et les idées que véhiculent ces chaînes...

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