Delphine de Vigan : pourquoi on a adoré "Les enfants sont rois", son nouveau roman

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Auréolée du prix Renaudot et du Goncourt des lycéens pour D’après une histoire vraie (2015), après Les Loyautés (2018) et Les Gratitudes (2019), où elle explorait les lois qui structurent nos vies, Delphine de Vigan fait son grand retour avec Les enfants sont rois. Un dixième roman extra qui ne ressemble à aucun de ses précédents, à paraître jeudi 4 mars aux éditions Gallimard. Pas question de divulgâcher l’intrigue voici juste de quoi vous donner envie de dévorer sans attendre ce livre aussi glaçant que fascinant.

Le livre nous replonge au cœur des années 2000 et nous entraîne jusqu’en 2031. Il s'ouvre sur la disparition de la fille de la Youtubeuse star Mélanie Claux, la petite Kimmy Diore, âgée de six ans et tourne au thriller sans crier gare. Avant de se terminer en une terrifiante dystopie. Delphine de Vigan mélange les genres avec une grande habileté. Pour notre plus grand plaisir. Les enfants sont rois ravira les fans de la télé-réalité autant que ceux qu’elle effraie. Mélanie Claux, un des personnages principaux du roman (avec l'inspectrice Clara Roussel chargée d'enquêter sur l'enlèvement de sa fille) a en effet été biberonnée à la télé-réalité qui la fascine. Son but : devenir célèbre comme Loana qu’elle a découverte à la télévision et regardée évoluer dans Loft Story avec émerveillement. (Loana à qui le journaliste Paul Sanfourche a récemment consacré une solide enquête intitulée Sexisme story, parue aux éditions du Seuil).

Qu’on le veuille ou non, on a toutes et tous en nous un peu des membres de cette famille bien sous tous rapports que campe Delphine de Vigan avec beaucoup de réalisme. Et il y a quelque chose de terrible et de glaçant à voir cette famille exploser à cause de l’usage irréfréné que fait la mère des réseaux sociaux, où elle se met en scène avec ses deux enfants qu’elle filme en permanence. La romancière nous tend un miroir qui n’a rien de déformant, c’est bien ça le pire! Elle démonte avec précision et talent les mécanismes qui conduisent (...)

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