Depardieu, Berry : pourquoi il faut respecter la présomption d'innocence, décryptage d'un avocat

Manou Farine
·1 min de lecture

De Gérard Depardieu à Richard Berry, de nombreuses affaires de viol enflamment les médias sans avoir été jugées. Réaction à chaud et en droit avec l'avocat Alain Jakubowicz*.

ELLE. Que vous inspire le traitement médiatique de toutes ces affaires ?                

ALAIN JAKUBOWICZ. Que la présomption d'innocence est un principe non négociable de notre droit. Quand on dit qu'il vaut mieux un coupable en liberté qu'un innocent en prison, c'est un point de morale sociétale et d'état de droit pour tout démocrate, qui me semble remis en cause par une sorte de populisme judiciaire.

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ELLE. À qui la faute ?                

A.J. Ce qui est nouveau, ce sont les moyens employés et l'ampleur de ces atteintes. Par les réseaux sociaux et, pire encore, par les chaînes d'info continue qui ont besoin, 24 heures sur 24, de créer de l'information. Si elles maintiennent la présomption d'innocence et le secret de l'instruction, elles n'ont rien à dire. Aujourd'hui, vous avez des responsables « police-justice » dans les rédactions. Ça dit tout. On traite la justice comme un fait divers.                

ELLE. Peut-on parler d'une spécificité du crime sexuel ?

A.J. Ce qui pose problème, c'est que, dès lors qu'un nom est cité, l'accusé est cloué au pilori. Avec ce phénomène tout à fait nouveau des victimes qui attendent – volontairement ou non – l'expiration du délai de prescription. Or, ce délai – porté à trente ans après la majorité – est déjà très long. On se trouve alors dans une substitution de décision judiciaire, c'est-à-dire une décision populaire,...

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