Se dire "féminine" serait socialement dévalorisant pour les femmes selon une étude de l'Ined

Priscilla Du Preez

En 2022, il est toujours plus facile pour les hommes de se dire "très masculins" que pour les femmes de se dire "très féminines" selon une nouvelle étude de l'Ined. En cause : une dévalorisation du genre féminin, qui pousse les femmes à s'en distancier.

Il n'y a pas que dans la langue française que "le masculin l'emporte sur le féminin". Notre rapport au genre est également concerné par cette affirmation. Bien que les discours sur la déconstruction du genre soient de plus en plus audibles et acceptés, notre vision d'un genre binaire ne serait pas le même selon notre sexe. En d'autres termes, les hommes valorisent la masculinité, quand les femmes s'éloignent de la féminité.

C'est ce qui ressort d'une étude de l'Ined (institut national d'études démographiques) publiée le 9 novembre et rapportée par Le HuffPost. Les chercheur·euses ont interrogé plus de 27 000 hommes et femmes sur leur positionnement de genre. Premier constat pas vraiment surprenant : la majorité des personnes interrogées se trouvent "normales" par rapport à leur genre, la plupart des femmes se disant "plutôt féminines", et la majorité des hommes "plutôt masculins".

C'est lorsque l'on passe aux extrêmes que les chiffres deviennent révélateurs. Un tiers des hommes se disent alors "très masculins", alors que moins d’un quart des femmes se disent "très féminines". À l'inverse, un peu plus de 9 % des femmes se disent "pas très féminines", alors que seuls 2 % des hommes se disent "pas très masculins".

Une différence que le sociologue Mathieu Trachman, à l'aide des conclusions de l'enquête Violences et rapport de genre (Virage), explique ainsi : "les variations du genre selon le sexe reflètent sans aucun doute une dévalorisation du féminin par rapport au masculin, mais (...)

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