Volodymyr Zelensky dénonce un "chantage russe" autour du site nucléaire de Zaporijjia

© Alexander Ermochenko, Reuters

Kiev et Moscou se sont accusés à nouveau, samedi, de tirs sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, occupée par la Russie et visée à plusieurs reprises depuis une semaine. Voici le fil du 14 août.

  • 17 h 20 : "les risques augmentent chaque jour" à la centrale nucléaire de Zapporijjia

Les risques autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, où Moscou et Kiev s'accusent mutuellement depuis plus d'une semaine de bombardements, "augmentent chaque jour", a assuré dimanche le maire d'Enerhodar, la ville où elle est située.

"Les risques augmentent chaque jour", a déclaré par téléphone à l'AFP Dmytro Orlov, le maire d'Enerhodar, ajoutant que les tirs au mortier sur la centrale sont devenus quotidiens et dénonçant un "terrorisme nucléaire pur et simple" de la Russie, qui "peut se terminer de façon imprévisible à n'importe quel moment".

  • 16 h 30 : dans l'oblast de Tchernihiv, des bénévoles mobilisés pour reconstruire les villages détruits

France 24 s'est rendue dans un village de l'oblast de Tchernihiv, à deux heures de Kiev, où de jeunes bénévoles se mobilisent pour reconstruire les maisons détruites par les bombardements.

L'association "Repair together" organise des sessions le week-end et ont déjà reconstruit une partie de la maison de la culture de la ville.

  • 12 h 10 : l'Ukraine affirme menacer les troupes russes dans la région de Kherson

L'Ukraine a affirmé que les troupes russes ayant franchi le fleuve Dnipro dans la région de Kherson, ville du sud occupée par Moscou, risquaient d'y être coincées après la mise hors d'usage de tous les ponts existants.

"Les seuls moyens de traverser le fleuve pour l'occupant sont des pontons près du pont Antonovski, mais ils ne pourront pas totalement répondre à leurs besoins", a déclaré à la télévision ukrainienne un député régional, Serguiï Khlan. Selon lui, "la Russie transfère ses centres de commandement de la rive droite du fleuve vers la gauche, consciente qu'en cas d'escalade, ils ne pourront pas être évacués à temps".

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Il a estimé à 20 000 le nombre de soldats russes présents sur la rive droite du fleuve et précisé qu'ils pouvaient toujours "traverser les ponts abîmés à pied".

Les troupes russes se sont emparées au début de l'invasion de l'Ukraine de Kherson, sur le fleuve Dnipro, la seule capitale régionale qu'elles ont jusqu'à présent réussi à conquérir.

  • 2 h 43 : Kiev et Moscou s'accusent à nouveau de tirs sur la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia

Kiev et Moscou ont de nouveau échangé samedi des accusations de tirs sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, occupée par la Russie et visée à plusieurs reprises depuis une semaine.

"Limitez votre présence dans les rues d'Enerhodar! Nous avons reçu des informations sur de nouvelles provocations de la part des occupants [russes]", a indiqué sur Telegram l'agence nucléaire ukrainienne Energoatom, republiant le message d'un dirigeant local d'Enerhodar – ville dans laquelle se trouve la centrale – resté loyal à Kiev.

"Selon les témoignages des habitants, des bombardements sont à nouveau en cours en direction de la centrale nucléaire de Zaporijjia […]. L'intervalle entre le départ et l'arrivée des tirs est de 3-5 secondes", ajoute le message.

En fin de journée, les renseignements militaires ukrainiens ont affirmé que "les occupants [russes] bombardent la centrale nucléaire […] depuis le village de Vodiané, situé à proximité immédiate, sur la rive droite du Dniepr", le fleuve qui sépare les zones aux mains des Russes de celles contrôlées par les autorités ukrainiennes.

L'une des frappes a endommagé une unité de pompage et une autre "a entraîné la destruction partielle du service d'incendie responsable de la sécurité de la centrale nucléaire", selon un communiqué des renseignements militaires qui accusent également les forces russes de "préparer des provocations sous drapeau ukrainien".

De leur côté, les autorités d'occupation installées par la Russie dans les zones qu'elle a conquises dans la région de Zaporijjia ont sans surprise accusé les forces ukrainiennes d'être à l'origine de ces tirs. "Enerhodar et la centrale nucléaire de Zaporijjia sont à nouveau sous le feu des militants [du président ukrainien Volodymyr] Zelensky", a déclaré sur Telegram un membre de l'administration militaire et civile prorusse, Vladimir Rogov.

Les projectiles sont tombés "dans des zones situées sur les berges du Dniepr et dans la centrale", a-t-il affirmé, sans faire état de victime ni de dégâts.

  • 22 h 30 : le président ukrainien dénonce un "chantage russe" autour du site nucléaire de Zapporijjia

Dans son allocution quotidienne, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dénoncé un "chantage russe" autour du site nucléaire.

"Les occupants essaient d'intimider les gens de façon extrêmement cynique en utilisant la centrale nucléaire de Zaporijjia, a-t-il déclaré, affirmant que les forces russes se "cachent" derrière la centrale pour bombarder les villes sous contrôle ukrainien de Nikopol et Marganets.

Par ailleurs, Volodymyr Zelensky a ajouté que les responsables du "chantage" devraient "être jugés devant une cour internationale".

Avec AFP