Sur le divan : « Je veux que mon analyste me trouve attachante et intelligente »

©Ponomariova_Maria/ iStock

Notre série « Sur le divan » interroge notre rapport à la thérapie. « Être aimée. » C’est ainsi que Julie, 34 ans, résume sa relation transférentielle avec sa psychanalyste. En cure depuis quatre ans, la jeune femme a rejoué inconsciemment des schémas relationnels déjà vécus avec ses propres parents : s’émanciper du cadre, partir, revenir et constater qu’elle était accueillie sans jugement.

Après avoir vécu de nombreuses années à Paris, je me suis récemment installée dans un coin de verdure dans le sud de la France. J’y ai fait la connaissance d’une famille albanaise et nous avons tissé des liens très forts. Ils ont activé en moi un « instinct maternel ». Avec le rôle de celle qui aide, celle qui soigne. Cette famille est très démonstrative et je me suis nourrit de leur affection alors que je suis moi-même en carence affective. Avec eux, je cherchais à recréer une fusion. Or, cette relation est devenue totale.

Lire aussi >> Sur le divan : « Quand j’ai testé l’EMDR, c’était comme désamorcer une bombe »

En novembre dernier, alors que j’étais en analyse depuis quatre ans, j’ai cessé mon suivi. Du jour au lendemain. J’ai arrêté parce que je ne voulais plus parler, j’en avais marre, mais aujourd’hui, j’ai compris qu’il s’agissait d’une fuite : l’analyste devenait un tiers séparateur dans la relation fusionnelle avec cette famille et l’analyse m’empêchait de vivre mes névroses en m’obligeant à les conscientiser. Or, j’avais besoin, à ce moment-là, de me fondre dans la répétition de schémas. Je sais aujourd’hui que je rejouais quelque chose de l’ordre du petit enfant face à sa mère qui impose des contraintes. Arrêter, c’était aussi me libérer, échapper au cadre. Et ce n’est pas la première fois que je fais cela. Cette répétition est de l’ordre du transfert. Pour moi, le...

Lire la suite de l'article sur Elle.fr

A lire aussi