Ecole : les maternelles au bord du burn-out

Sarah Lévy

Après le suicide d'une directrice d'école fin septembre, les langues se délient. Institutrices et instituteurs de maternelle osent enfin parler de leur solitude, de l'absence de soutien de leur hiérarchie et du sentiment d'impuissance qui les anime...

Depuis qu'elle est en arrêt, Nathalie ne sort que rarement. Cette institutrice en grande section de 43 ans dit aujourd'hui préférer la tranquillité de son petit appartement à l'agitation de la ville. Un cri dans la rue la fait aussitôt sursauter. Sa voix douce devient à peine audible. Elle se raidit dans le fauteuil, au fond du café où elle a accepté de nous rencontrer. Elle aurait voulu faire autrement, ne pas témoigner mais les événements des dernières semaines l'ont convaincue de parler. Elle tient dans sa main une lettre imprimée. Les derniers mots de Christine Renon, la directrice de l'école maternelle Méhul, à Pantin, qui a mis fin à ses jours sur son lieu de travail le 21 septembre dernier. Nathalie dit se reconnaître dans son ras-le-bol et dans son épuisement. « Et encore, je ne suis qu'enseignante, pas directrice. Enfin, j'étais... » reprend-elle. Un matin d'avril dernier, elle n'a pas pu se lever. « Ma tête voulait, mais mon corps n'en pouvait plus. C'était impossible, je n'y arrivais pas. C'est mon mari qui m'a obligée à aller voir le médecin, cela faisait des mois qu'il me le répétait. Je n'écoutais pas, j'étais persuadée que la fatigue allait se dissiper pendant les grandes vacances. Il fallait juste tenir jusqu'à juin. » Quand on lui demande si quelque chose de grave s'est produit avant son burn-out, Nathalie ne trouve pas. « C'est davantage une accumulation de détails, de stress, de fatigue, l'impression constante de...

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