Eddy Mitchell nous parle de la série “L’Agent immobilier” (mais aussi de sa vie et de son amour des séries B)

Jean-Marc Lalanne
© Les Films du Poisson/Arte

Son entourage avait multiplié les préventions. Très atteint par la disparition de son ami Christophe, il avait annulé plusieurs interviews. Et, de toute façon, il n’aimait pas du tout parler longtemps au téléphone. Il fallait donc ne pas compter sur un entretien-fleuve.

C’est donc avec un léger trac et la peur de déranger qu’on attendait l’appel d’Eddy Mitchell, en se remémorant de façon un peu désordonnée toutes les images de lui sédimentées dans notre esprit. Celles qu’on n’a pas connues et qui nous ont été transmises par nos parents : le jeune homme excité à la banane, Eddie Cochran français, émule du rockabilly, Golf Drouot et Chaussettes Noires…

Puis celui qu’on a connu en direct : quadra à l’allure patinée, rockeur vintage rhabillé par les années 1980 (costumes fluides, vestes croisées), voix de velours posée sur des ballades raffinées (Le Cimetière des éléphants, Comme quand j’étais môme, Couleur menthe à l’eau…).

La transmission du cinéma

Et au-delà du chanteur, des images de cinéma : celles des films qu’il a interprétés, souvent avec pas mal de fantaisie (mais on mentirait en disant que beaucoup d’entre eux ont occupé une place de choix dans notre petite cinémathèque) et celles, surtout, des films qu’il a aimés, présentés, transmis. Puisque pour tou·tes ceux·celles qui ont grandi devant la télé des années 1980, le chanteur est devenu passeur, proposant tous les mardis soir un double programme de grands films américains classiques (le premier en VF, le deuxième en VO, et des Tex Avery entre les deux).