Eels, la pop comme antidote au stress de l’époque

Rémi Boiteux
·2 min de lecture
© Gus Black
© Gus Black

Bientôt un quart de siècle que, pour certain·es d’entre nous, chaque sortie d’un album d’Eels est un rendez-vous à ne manquer pour rien au monde. Un rendez-vous avec un songwriter nommé E, passé maître dans la confection de miniatures folk-blues aux arrangements joueurs et aux textes acides. Une patte chaque fois reconnaissable entre mille, mais un parcours jonché de colorations différentes et d’une poignée de chefs-d’œuvre, où même les albums mineurs comptent leur lot de trésors.

Appartenant à la veine la plus expansive du groupe, comme un Shootenanny! (2003) en plus étincelant, Earth to Dora a été en majeure partie écrit avant le lockdown planétaire. Et c’est présentement depuis un territoire embrasé que nous parle Mark Oliver Everett, alias E : “Je vis toujours à Los Angeles, aujourd’hui l’air est très mauvais, on dirait que le temps est nuageux mais c’est de la fumée.”

S’il admet volontiers que la Californie est “un lieu de vie dangereux, avec ses tremblements de terre et ses incendies”, E ne se voit pas vivre ailleurs, se disant habitué depuis vingt ans aux assauts réguliers de la nature comme à ceux de l’existence. Jusqu’à cette pandémie donc, ces temps “très extrêmes et très solitaires” mais probablement “plus faciles à vivre pour quelqu’un d’assez reclus” comme lui.

Un groupe qui prend manifestement beaucoup de plaisir

Un reclus à qui les sorties manquent tout de même : “On pense ces choses acquises, mais c’est devenu l’expérience la plus dingue du monde d’aller boire un coup entre amis”, comme avec P-Boo, The Chet, Knuckles et Koool G Murder, membres d’une formation à géométrie variable qui a fini par redevenir un groupe – “On s’envoie des messages collectifs tous les jours, on est très amis.” Un groupe qui a manifestement pris beaucoup de plaisir à enregistrer les morceaux composant Earth to Dora, généreux treizième lp signé Eels, peut-être le plus pop de son auteur.

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