Emploi fictif à l'Assemblée: l'ex-député Jean-Christophe Lagarde condamné à dix mois avec sursis

Jean-Christophe Lagarde le 20 mai 2020 à Paris - THOMAS COEX © 2019 AFP
Jean-Christophe Lagarde le 20 mai 2020 à Paris - THOMAS COEX © 2019 AFP

Le patron de l'UDI et ex-député de Seine-Saint-Denis Jean Christope Lagarde a été condamné ce mercredi après-midi à une peine de dix mois de prison avec sursis pour avoir fourni à sa belle-mère un emploi fictif d'assistante parlementaire entre mai 2009 et août 2010.

L'ancien parlementaire centriste (2002-2022), âgé de 55 ans, s'est rendu coupable de détournement de fonds publics pour avoir versé à la mère de son épouse, Monique Escolier-Lavail, près de 40.000 euros de salaires dans le cadre d'un contrat "atypique, occulte", a estimé le tribunal correctionnel de Paris dans son délibéré.

Lagarde niait tout délit

Voulant sanctionner des "faits insupportables pour le corps social", l'accusation avait réclamé une peine d'un an de prison avec sursis tout en appelant à une privation des droits civiques de Jean-Christophe Lagarde pendant cinq ans.

À la barre, l'élu avait justifié d'avoir fait appel à sa belle-mère, ancienne patronne de PME, par son souhait de "découvrir des choses qu'on ne lit pas dans les livres".

Récusant tout emploi fictif, sa belle-mère a peiné à détailler le contenu exact de sa mission au service de son gendre, évoquant la "lecture de journaux" et quelques "conversations informelles" avec des patrons de petites entreprises.

L'enquête avait été ouverte par le Parquet national financier en octobre 2017 après la plainte de Hacène Chibane, conseiller d'opposition EELV à Drancy (Seine-Saint-Denis), qui s'interrogeait initialement sur l'emploi d'assistante parlementaire de l'épouse de Jean-Christophe Lagarde, Aude Lavail-Lagarde, entre 2002 et 2014.

Des recrutements désormais interdit

À l'issue de l'enquête qui s'est penchée sur 18 contrats d'assistants parlementaires conclus par Jean-Christophe Lagarde, seul avait été retenu le cas de la belle-mère de l'ancien édile. Depuis une loi de septembre 2017 votée après l'affaire des époux Fillon, le recrutement d'assistants parlementaires au sein du cercle familial proche est désormais interdit.

Allié à LR lors des dernières législatives, le président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI) a vu les nuages judiciaires s'accumuler ces derniers mois.

Début septembre, l'ex-député de 54 ans a ainsi été placé en garde à vue dans l'enquête sur les fausses accusations, relayées par Le Point, contre celle qui lui a ravi son siège à l'Assemblée en juin, Raquel Garrido, et son mari Alexis Corbière.

Article original publié sur BFMTV.com