En confinement, deux mois à la maison peuvent traumatiser enfants comme adultes

Marine Le Breton
Emmanuel Macron a visité mardi 5 mai une école de Poissy pour rassurer sur la réouverture des écoles dès le 11 mai.

PSYCHOLOGIE - “Dans la vie d’un enfant, rester deux mois à la maison, même s’il y a un formidable travail qui se fait à distance, c’est quand même très traumatisant.” Emmanuel Macron a visité mardi 5 mai une école de Poissy pour rassurer sur la réouverture des écoles dès le 11 mai. Dans une interview accordée à la suite de cette visite, le président a insisté sur l’importance, pour les enfants, de reprendre le chemin de l’école.

“On a des enfants qui décrochent, moins que dans d’autres pays, mais pour des raisons éducatives, sociales, on a besoin de faire revenir progressivement les enfants à l’école”, a-t-il affirmé.

Rester deux mois à la maison, est-ce réellement traumatisant pour les enfants? C’est possible, mais plus que le manque d’école, c’est l’isolement et la réduction voire l’absence de contacts sociaux qui entrent en jeu. Par ailleurs, ces traumatismes, s’ils se développent, concernent tout autant les adultes que les enfants.

Besoin de socialisation

“Des symptômes de stress post-traumatique peuvent se développer. Les enfants sont faits pour jouer avec les autres, pas pour être confinés avec leurs parents”, affirme la pédopsychiatre Christine Barois, contactée par Le HuffPost. ”À partir de trois ans, ils ont besoin d’être socialisés”, ajoute-t-elle. 

Catherine Verdier, psychologue et psychothérapeute pour enfants et adolescents, est aussi de cet avis. “Du fait de l’isolement et de l’environnement morbide actuel, on est dans une situation potentiellement traumatique, qui pourra entraîner des séquelles: problèmes de sommeil, inquiétudes, angoisse, etc.”, souligne-t-elle auprès du HuffPost

Plus que le fait de rester deux mois sans école, elle estime elle aussi que c’est le manque de contacts avec leurs amis qui pourrait “peser sur le moral”. D’ailleurs, s’il s’agissait uniquement de l’absence d’école, ne verrait-on pas naître des traumatismes après les vacances d’été? 

Comme les adultes, les enfants ont besoin d’une socialisation. Comme les adultes, ils...

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