Enfant à l’hôpital : échanger avec sa famille grâce à un robot

Photographee.eu/shutterstock.com

Comme d’autres hôpitaux avant lui, le CHU de Saint-Etienne a investi dans un robot de téléprésence mobile pour son service d’onco-hématologie pédiatrique, où sont notamment hospitalisés de jeunes patients atteints de cancer. Ce robot permet aux petits patients de maintenir le lien avec leur famille, depuis leur chambre stérile.

Dans le cadre d’un traitement contre le cancer par exemple, l’isolement du jeune patient peut durer plusieurs mois, le temps de l’hospitalisation. Une période où il est en partie coupé de son monde : famille, amis, école. Le robot de téléprésence pallie cette solitude, qui peut être extrême : parfois, dans le cas des chambres stériles notamment, le malade ne peut même pas recevoir la visite de ses frères et sœurs.

Grâce au robot, l’enfant peut en revanche se déplacer virtuellement chez lui, et entretenir le lien familial. Concrètement, le robot – une base sur roulettes, deux tiges en métal et un écran, est installé au domicile de sa famille, et c’est le jeune malade qui le pilote à distance depuis sa chambre stérile, grâce au clavier d’un ordinateur ou à un joystick. Filmé par une webcam dont l’image apparaît sur l’écran du robot, il peut ainsi continuer de participer à la vie familiale. Et pourquoi pas même se disputer avec ses frères et sœurs.

Meilleur état psychologique

D’une valeur de 8 000 euros et financé par l’Association philanthropique de parents d’enfants atteints de leucémie ou autres cancers (APPEL), le robot de téléprésence mobile BEAM est utilisé depuis septembre par le CHU de Saint-Etienne. C’est Awabot, une entreprise spécialisée dans la robotique de service, qui distribue en France cette technologie d’origine américaine. Elle a notamment permis à de jeunes patients lyonnais de se téléporter loin de l’hôpital, à Rio, lors de la cérémonie d’ouverture des derniers jeux olympiques, en 2016.

Ces patients de l’Institut d’hématologie et d’oncologie pédiatrique (IHOPe) de Lyon ont ainsi été les premiers à bénéficier de ce nouvel outil qui diminue le sentiment d’exclusion et permet de trouver le temps d’hospitalisation moins long. Un bilan a été tiré de leur expérience et présenté en février dernier, à l’occasion de la journée internationale des cancers de l’enfant. Les parents interrogés estiment notamment que le robot « peut améliorer l’état psychologique de leur enfant », ce qui contribue à sa guérison. Un effet bénéfique également mesuré par les équipes soignantes.

A noter : Outre les hôpitaux, le robot BEAM est également utilisé dans une soixantaine de lycées de la région Auvergne-Rhône-Alpes, pour permettre « aux élèves malades ou empêchés d’accéder à la vie sociale et aux enseignements de leur établissement », explique la société Awabot.