Enfants du djihad : ont-ils un avenir en France ?

Catherine Robin

On en parle comme de « bombes à retardement ». Nés ici, en France, ou là-bas, en Syrie, ils sont « les enfants de Daech » : qui sont, et surtout que deviendront, ces jeunes Français – la moitié a moins de 6 ans –, victimes collatérales du fanatisme de leurs parents, échoués sous les bombes d'une guerre à laquelle ils ne peuvent rien ?

Durant dix-huit mois, les journalistes Sophie Parmentier et Hélène Lam Trong ont suivi les trajectoires de trois familles touchées au plus près : Lydie et Patrice, dont la fille unique Julie s'est envolée pour la Syrie en 2014 avant d'y laisser la vie et trois orphelins ; Marc et Suzanne, dont les quatre petits-enfants vivent dans un camp en Syrie, avec la femme de leur fils ; et enfin Gladys, mère de famille, revenue en France après deux ans et demi en Syrie, qui attend son procès, séparée de ses deux jeunes enfants placés en familles d'accueil. « Avec ce documentaire, nous voulions humaniser ces enfants que l'opinion publique perçoit comme des menaces, explique Sophie Parmentier. Daech les a instrumentalisés en les montrant avec des kalachnikovs dans les mains, comme s'ils étaient tous, les lionceaux du califat, des terroristes en puissance. Or, l'écrasante majorité sont des tout-petits. Quand ils reviennent en France, ils sont très entourés, encadrés par des professionnels. Même si on ignore ce qu'ils ont traversé, la justice estime qu'il faut les protéger et qu'on a le pouvoir de les “réparer“, comme le dit une juge des enfants dans notre enquête. Pourtant l'État n'en a rapatrié que dix-sept en 2019, presque tous orphelins. Trois cents autres restent en Syrie car la France refuse le retour des parents. Mais, depuis 2014, une centaine sont revenus avec leurs parents après leur expulsion de Turquie. Ceux-là ont été pris en charge sous...

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