Enfants placés, le sombre bilan de l'aide sociale à l'enfance

Dorothée Werner
·1 min de lecture

Pendant deux ans, la journaliste Marie Vaton a enquêté au coeur de l'aide sociale à l'enfance. De dysfonctionnements en manque de moyens, et en dépit des bonnes volontés, le bilan est aussi sombre que glaçant. 

En France, un enfant meurt tous les cinq jours* sous les coups de ses parents. Environ 7000 plaintes pour viols sur mineurs sont déposées chaque année. C'est la partie visible de l'iceberg de l'enfance en danger. La société se mobilise, notamment via le numéro vert 119. #MeTooInceste légitime la parole des enfants, et le gouvernement se démène en lançant par exemple une commission sur l'inceste et les violences sexuelles. Et pourtant ! Certains des 300 000 mineurs confiés chaque année à l'Aide sociale à l'enfance (ASE) sont parfois maltraités au sein même du foyer censé les protéger. D'autres se voient dans l'obligation de renouer avec un père violeur… Autant de défaillances qui ont poussé Marie Vaton, journaliste à « L'Obs », à enquêter deux ans durant. Protéger un enfant, est-ce si compliqué ? Oui. On le comprend en lisant son livre, « Enfants placés. Il était une fois un naufrage » (éd. Flammarion). Elle donne la parole aux juges des enfants, éducateurs, assistants sociaux et familiaux, mais aussi aux parents dysfonctionnels, aux enfants en danger. Cette plongée au cœur de l'ASE dénonce « un système opaque, complexe, qui n'est plus en mesure d'effectuer sa mission première : évaluer les situations de danger, protéger et soutenir ». Le constat est sombre. On s'exaspère devant « le manque de moyens de la justice, les délais inacceptables d'attente de placement, les conditions de travail déplorables, le turn-over incessant,...

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