Enfants surdoués, précoces... Cette psy dénonce le "business des diagnostics HPI"

Enfants surdoués, précoces, zèbres ou "à haut potentiel intellectuel" (HPI)... Les termes évoluent, mais tendent tous à poser un diagnostic sur des enfants ou adultes aux capacités intellectuelles particulièrement développées. Selon l'OMS, 2,3% des enfants de 6 à 16 ans qui sont scolarisés sont intellectuellement précoces. Cela représenterait 200 000 enfants en France.

Le dernier épisode de la saison 2 de HPI, saga policière qui cartonne sur TF1, a été diffusé ce jeudi 16 juin. Audrey Fleurot y joue le rôle d'une maman à "haut potentiel intellectuel" et cette seconde série d'épisodes a déjà convaincu en moyenne 9,87 millions de téléspectateurs.

En attendant la saison 3, Emmanuelle Piquet, psychopraticienne, nous livre son regard sur les revers de ce qu'elle estime être parfois un "business des diagnostics". Dans Nos enfants sous microscope: TDAH, haut potentiel, multi-dys & Cie : comment stopper l'épidémie de diagnostics, ouvrage co-écrit avec Alessandro Elia et publié en 2021 aux éditions Payot, elle s'inquiète du catalogage de plus en plus systématique des enfants atypiques.

Constatez-vous une augmentation des consultations pour déceler la précocité ?

EP : Si l'on s'en tient à la définition de départ de "HPI", qui est un enfant au quotient intellectuel élevé (QI), il n'y en a pas beaucoup plus. Mais si l'on remplace la mesure du QI par des critères qui, selon les études sur ce sujet n'ont pas grand-chose à voir avec la précocité, comme le besoin de justice et l'hypersensibilité, alors il y a clairement beaucoup plus de diagnostics. C'est logique, les enfants concernés sont plus nombreux !

Comment l'expliquez-vous?

EP : C'est une réponse très sécurisante de mettre des gens dans des cases et de dire : c'est parce que l'enfant est comme ça à l'intérieur de lui que ça dysfonctionne. Ça explique, ça donne du sens et c'est très soulageant parce que l'enfant se dit : "On va arrêter de dire que je... Lire la suite sur le site Terrafemina

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles