Entre angoisses et incertitudes, le monde de la culture se relèvera-t-il de la crise entraînée par le Covid-19 ?

Fabienne Arvers, Bruno Deruisseau, Franck Vergeade
© Helko Hirsch/Hans Lucas/AFP

Le premier week-end de mars s’achevaient Les Inrocks Festival à Paris et La Route du Rock d’hiver à Saint-Malo. Personne n’imaginait encore que ces deux rendez-vous musicaux ouvriraient et refermeraient aussitôt la saison des festivals de printemps et d’été. Depuis le 13 mars, jour de l’interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes en France pour ralentir la circulation du Covid-19, le spectacle vivant est plongé dans un trou noir et dans une improbable mais cauchemardesque année blanche. Plus de concerts, même dans les plus petites des 2500 salles de musique de l’Hexagone, ni de festivals, même à jauge humaine. Avec les tournées successives annulées et la cascade de festivals reportés en 2021, la sidération se mêle à la frustration dans une période de l’année particulièrement faste pour la musique live.

A l’instar des autres pays européens (la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne et l'Italie en tête), la France est confrontée depuis deux mois à une vie culturelle et musicale à l’arrêt sine die. Un spectacle de profonde désolation quand on songe aux quelque 2000 festivals de musiques actuelles (pop, rock, chanson, electro, rap, techno, jazz) qui jalonnent habituellement le calendrier hexagonal. Le Prodiss, syndicat national du spectacle musical et de variété qui rassemble près de 360 entreprises, a déjà estimé à “590 milliards d'euros la perte totale de chiffre d’affaires (recettes de billetterie, contrats de cession de spectacles, locations de salles, recettes annexes de bar, restauration, sponsoring) causée par l’interruption forcée des activités de l’ensemble du secteur du spectacle vivant privé, du 1er mars jusqu’au 31 mai 2020”. Un gouffre financier qui pourrait être multiplié par deux d'ici la fin de l’année.

La crise sanitaire liée au coronavirus se traduit donc par un impact immédiat et des dommages collatéraux sur tout le secteur du live, entre conséquences économiques, pertes sèches, chômage et incertitudes futures. Car si tous les responsables de festivals (grands, moyens ou petits, privés ou associatifs, affiliés ou non à des tourneurs) sont touchés de plein fouet par l'épidémie, les structures les plus modestes et les manifestations les moins subventionnées jouent désormais leur survie dans un été qui s’annonce meurtrier.

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