"Je n'entre pas dans les codes de beauté des applis" : la violence des algorithmes de Tinder et consorts

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En 2022, Tinder a eu 10 ans. Du coup, NEON a décidé de se pencher sur la question. Que reste-t-il, une fois l'excitation des premiers matches passée ? Un tarissement des profils intéressants, et pas mal de frustration selon les utilisateur·ices que nous avons interrogé·es. Et si, finalement, c'étaient iels le problème ? Épisode 2 de notre enquête derrière le miroir sans tain des apps de rencontre.

Dans le premier épisode de notre enquête sur la face cachée des applis de rencontre, vous découvriez quatre de leurs utilisateur·ices : Lucile, Martin, Charles-Henry et Gaëlle. Si Tinder et consorts leur sont apparus comme des édens de l'amour dès leurs premiers pas, chacun·e a dû élaborer une stratégie, plus ou moins fiable, pour éviter tant bien que mal les déconvenues. Tout juste débarquée à Toulouse, Gaëlle, 30 ans, se rue sur son téléphone, mais constate, amère, que le compte n'y est pas. Elle se débat parmi des dizaines d'autres femmes, et n'y trouve personne à son goût.

Derrière cette compétition et ce manque de choix, la jeune femme perçoit l’impitoyable stratégie de l’algorithme. “Je me suis dit que l'algorithme évaluait mon potentiel séduction en fonction des likes que je recevais, et du coup moins on en a, plus il nous propose des moches. Vu qu'on me propose que des moches, c'est que je dois être moche. Ça fait chier que ce soit en plus un ordinateur qui me le dise.” Ce dont elle parle, c’est du fameux “score de désirabilité” mis au jour par la journaliste et autrice Judith Duportail en 2019 : un nombre de points attribué à l’utilisateur·ice de Tinder en fonction de son succès (ou non) sur l’appli. Pour faire simple, les profils qui vous sont proposés par l’algorithme vont correspondre à votre score de désirabilité pour favoriser les matches, avec parfois un profil “Premium” plus qualitatif, le tout dans un ordre bien réfléchi pour que vous ayez toujours envie d’en voir (...)

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