Entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, pourquoi le Haut-Karabakh frôle la catastrophe humanitaire

INTERNATIONAL - Une catastrophe humanitaire se profile dans le Haut-Karabakh. Cette enclave en Azerbaïdjan, peuplée par une minorité de nationalité Arménienne, est menacée par la famine suite à la fermeture du corridor de Latchine il y a plusieurs mois. Ce couloir, l’unique à encore relier le Haut-Karabakh à l’Arménie, a été bloqué fin 2022 par des Azerbaïdjanais se présentant comme des manifestants écologistes, avant que les autorités n’instaurent en avril un barrage routier à l’entrée de cette route en évoquant des raisons sécuritaires.

Ce blocus entraîne d’importantes tensions entre les deux anciennes républiques soviétiques, et préoccupe la communauté internationale. Comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête de l’article, depuis juillet, même la Croix-Rouge ne peut plus accéder au Haut-Karabakh, et les plus de 100 000 Arméniens présents dans la région souffrent de pénuries de nourriture et de fournitures médicales.

Par le passé, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont livrés deux guerres pour la souveraineté sur ce territoire montagneux très contesté, de 1988 à 1994 puis de nouveau en 2020. Suite à sa victoire en 2020, l’Azerbaïdjan veut mettre fin à l’indépendance de facto de la région et forcer les Arméniens à prendre la nationalité azerbaïdjanaise ou à quitter le pays.

La Russie mêlée au conflit

Malgré les graves conséquences humanitaires du blocus, les médiations organisées par l’Union Européenne, les États-Unis ou encore la Russie n’aboutissent pas. Le 16 août, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni sur le sujet, mais aucune décision n’a été prise. Face aux critiques internationales, l’Azerbaïdjan affirme de son côté que le couloir de Latchine n’est pas fermé aux civils.

L’Arménie, qui veut la fin immédiate du blocus sur le corridor de Latchine, a accusé la Russie, qui joue un rôle important dans la stabilisation de la région, d’inaction à de multiples reprises. En 2020, Moscou avait parrainé le cessez-le-feu qui avait mis fin à la deuxième guerre du Haut-Karabakh, une guerre de six semaines remportée par l’Azerbaïdjan. La Russie s’était engagée à déployer des soldats pour garantir la libre circulation vers le Haut-Karabakh, mais l’Arménie accuse désormais Moscou d’avoir échoué dans cette tâche.

En plein dans cette crise, le pays prend donc ses distances avec le Kremlin, son allié traditionnel. Ce mercredi 6 septembre, les autorités arméniennes ont d’ailleurs annoncé accueillir prochainement des exercices militaires communs avec les États-Unis, ce qui inquiète Moscou. Trois jours plus tard, samedi 9 septembre, une élection anticipée du dirigeant de la région disputée est également prévue.

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