Espérance de vie : vieillir mais jusqu’à quand ?

Le vieillissement est-il programmé en fonction des espèces et de leur habitat, ou est-ce un processus chaotique de dégradation cellulaire ? La recherche n'a pas encore tranché.

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°215 daté octobre/ décembre 2023.

Le vieillissement est-il programmé en fonction des espèces et de leur habitat, ou est-ce un processus chaotique de dégradation du soma (l’ensemble des cellules, hors cellules germinales, que compte un individu) ?

Un lien entre raccourcissement des télomères et mort ?

"C’est le grand débat !", lance Éric Gilson. Professeur à l’Institut de recherche sur le cancer et le vieillissement à Nice, il est le spécialiste de l’étude des télomères, ces séquences répétitives d’acides nucléiques situées à l’extrémité des chromosomes et qu’elles protègent. En se renouvelant, les cellules d’un organisme vivant perdent graduellement ces séquences. Éric Gilson étudie précisément le lien entre leur disparition et la sénescence. "Les télomères sont programmés pour se dégrader progressivement, à un certain rythme, rappelle le biologiste. Mais rien ne prouve que cette dégradation conduise à la mort."

"Vivre en bonne santé jusqu’à 120 ou 125 ans"

Pour ce qui est d’un âge limite vers lequel on pourrait tendre, sa vision est optimiste : "Dans un monde idéal où l’on saura soigner toutes les maladies cardiovasculaires et chroniques, on pourra vivre en bonne santé jusqu’à 120 ou 125 ans." "Des limites chiffrées sans fondement, et dictées par des croyances", selon Jean-Marie Robine, professeur émérite à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Il est à l’origine de la diffusion, dans les années 1990, du concept d’espérance de vie en bonne santé, un indicateur proposé par l’Américain Daniel Sullivan.

"Poser une limite à la durée de vie tient du mythe !", ajoute-t-il. Il cite le modèle du philosophe anglais du 17e siècle Francis Bacon : "Tout ce qui peut être alimenté peut être immortel, tant que les fluides circulent." Selon lui, l’espérance de vie va continuer à augmenter, mais moins vite. "Il n’y a jamais eu autant d’heures consacrées à la recherche, de labo[...]

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