En Ethiopie, la situation humanitaire devient de plus en plus urgente

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Près d’un million de personnes sont désormais déplacées au Tigré ou réfugiées au Soudan voisin. Les besoins sont énormes en nourriture, médicaments, produits d’hygiène. Un accord signé mercredi entre Addis Abeba et l’ONU devait permettre l’accès de l’aide au Tigré. Mais pour l’instant, la situation n’est pas encore débloquée.

Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Nemeth

Les humanitaires rongent leur frein. Beaucoup sont prêts à envoyer de l’aide en urgence au Tigré, mais le feu vert du gouvernement n’est pas encore arrivé. Selon OCHA, des avant-postes ont déjà été établis pour faciliter la logistique.

En attendant, l’aide provient essentiellement du gouvernement. Or une partie du travail se fait à l’aveugle. « À cause des problèmes de communication et de sécurité, on ne sait pas si les services de base continuent de fonctionner dans les camps qui existaient avant le conflit », indique OCHA.

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Les ONG réclament toujours un accès total au Tigré. Alors que l’accord ne prévoit un passage que pour les zones sous contrôle fédéral. « Les convois sont en attente, prêts à partir. Nous avons aussi besoin d’employés sur le terrain car une partie a dû fuir pendant les combats », indique Jan Egeland. Le secrétaire général du Norwegian Refugee Council ajoute que des milliers de Tigréens réfugiés au Soudan restent près de la frontière en espérant sa réouverture, afin de rentrer pour les récoltes, retrouver leurs biens, ou simplement surveiller l’arrivée de proches.

Côte militaire, le pouvoir fédéral traque toujours les chefs du TPLF. Et la guerre des mots continue. La télévision a pu se rendre à Mekele pour annoncer que la ville était calme et que l’activité avait repris. En face, Tigray TV continue d’émettre par intermittence depuis un lieu inconnu. Sur l’antenne, le TPLF a annoncé que les combats se poursuivaient dans plusieurs zones et que le mouvement avait détruit onze chars d’assaut.