Etienne de Crécy : “Chez le disquaire, on vit un truc en commun”

Carole Boinet
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“C’était un magasin qui s’appelait Club News, à côté des Halles. C’est là où j’achetais des vinyles quand j’en jouais encore. J’y allais avec Alex Gopher. C’était un magasin de DJs de club, pas du tout branché. Il y avait Rough Trade ou Katapult qui proposaient de très bonnes sélections, mais assez élitistes. Club news n’était pas fréquenté par les DJs vedettes, mais par les DJs de boîtes de nuit. Le mec qui le tenait s’appelait Jean-Philippe Papin ! Il nous mettait des disques de côté.

S’il y a un truc que je regrette maintenant que je suis passé à Beatport, à Internet, c’est ça. Aujourd’hui, le travail du DJ est très solitaire. Avant quand t’allais chez un disquaire, de la musique était diffusée, des DJs étaient là. Chez le disquaire, on vit un truc en commun. Dans le magasin, l’information passe. On saisissait les tubes. Quand un morceau était efficace, tous les DJs dans le magasin tournaient la tête ! Tu savais immédiatement que le track avait un intérêt. Quand un morceau sortait du lot, tout le monde l’entendait et pouvait l’acheter s’il y avait assez de copies. Aujourd’hui, le choix est beaucoup plus solitaire. En soirée, quand il y en avait encore, j’avais l’impression que chaque DJ avait un son très personnel. Chacun a ses morceaux et on n’en a plus en commun… C’est très fragmenté. Jusqu’aux années 2000, il y avait des tubes. Dans un festival, une soirée, tous les DJs allaient jouer le même morceau. Le dernier que j’ai entendu comme ça, je crois que c’était

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