Les jeunes femmes victimes de sexisme ont cinq fois plus de chances de faire une dépression

Katia Rimbert
Journaliste
Les jeunes femmes victimes de sexisme ont cinq fois plus de chances de faire une dépression

Selon une récente étude britannique, le sexisme aurait un réel impact sur la santé mentale des femmes et tout particulièrement des plus jeunes. Il pourrait les faire sombrer dans la dépression.

C’est un constat alarmant que dresse une étude réalisée par Young Women Trust et l’Université de Londres, relayée par The Independent. Les chercheurs se sont intéressés à un sujet dont on parle (trop) peu quand on évoque les violences faites aux femmes : la santé mentale de ces dernières. Ils ont donc analysé l’impact que les remarques et actes sexistes pouvaient avoir sur les victimes d’un point de vue psychologique. Et les résultats sont édifiants.

Qu’entend-on par sexisme ?

Un petit rappel s’impose. Les scientifiques à l’origine de l’étude définissent la notion de sexisme comme le fait de ne pas se sentir en sécurité, d’éviter certains endroits, d’être insultée, menacée ou attaquée physiquement à cause de son sexe. Ils affirment que cela va beaucoup plus loin que ce que l’on pourrait croire puisque cela “affecte la vie des jeunes femmes, leur liberté économique et leur santé”. Surtout que les victimes ne bénéficient pas du soutien et du suivi médical dont elles auraient besoin. Si leur mal-être est souvent minimisé ou incompris, il n’est pas suffisamment déceler comme un potentiel élément déclencheur d’une véritable maladie.

Les ados et étudiantes les plus visées

Et pour cause, les femmes victimes de sexisme seraient beaucoup plus sujettes aux troubles de la santé mentale et notamment à la dépression. Elles ont cinq fois plus de chances que les autres de broyer du noir. Parmi les 2 995 personnes interrogées - âgées de 16 à 93 ans (on ne peut pas faire plus large) - celles qui ont le plus de risques de développer ces symptômes sont les mineures, étudiantes et jeunes actives. En effet, les 16-30 ans peuvent subir ce type de comportement à l’école, au travail, dans les transports en commun ou encore dans les taxis. Pour résumer, partout où elles se rendent et au quotidien.

L’autre tranche de la population la plus impactée, ce sont celles qui ont été harcelées pendant plusieurs années sans rien dire. Sophie Walker, l’auteure principale de l’étude, déclare même que cela a un “impact dévastateur” sur leur santé mentale. Autre élément à prendre en compte dans ces résultats, la majorité de ces demoiselles a aussi subi du harcèlement de rue (pour 82% d’entre elles), des abus sexuels ou encore des violences. Autant de choses qui aggravent évidemment le risque de dépression. Sur ce, bonne journée !

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